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jeudi 16 mars 2017

Les adaptations cinématographiques


Une adaptation, lorsqu’elle concerne le domaine littéraire, est la transposition d’une œuvre déjà existante en une nouvelle œuvre issue d’une technique artistique différente.
Il est fréquent de faire face à des adaptations de tous genres. Généralement, les adaptations sont dues au succès de l’œuvre d’origine, ou à l’appréciation de celle-ci par les scénaristes et producteurs, qui achètent une option sur les droits de l'œuvre, dans le cadre d’une adaptation cinématographique. On retrouve certaines œuvres cinématographiques adaptées en romans suite au succès du film, ou encore des romans adaptés en bande dessinées, mais l’adaptation la plus courante reste cependant celle du roman en film.
Il y a deux catégories d’adaptation : Les adaptations fidèles et les adaptations libres.
Les adaptations fidèles à l’œuvre originale suivent la trame de l’histoire, omettant des passages, ou en rajoutant, sans pour autant perturber le fil de l’histoire. On y retrouve les personnages principaux, leurs situations d’origine et leurs situations finales. Le Seigneur des anneaux, Avant toi ou encore Nos étoiles contraires font partie de ces adaptations qui reprennent si bien l’œuvre originale, autant au niveau du caractère des personnages que dans la trame de l’histoire.

                                                                      


Les adaptations libres permettent au réalisateur de s’inspirer du livre tout en changeant différents détails, comme la fin de l’œuvre, des événements importants ou l’ajout/le retrait de personnages importants. La réaction du public face à une adaptation libre peut être mitigée. L’adaptation peut aussi bien décevoir les lecteurs de l’œuvre originale qui attendent une certaine fidélité, que surprendre et être appréciée en étant dissociée du livre d’origine. C’est notamment ce qui se passe pour Seuls, qui est une bande dessinée adaptée récemment au cinéma, et qui s’est inspirée librement des personnages et de la raison de leur « solitude », se basant principalement sur un seul des tomes pour en faire le premier film. Les Chair de Poule ont aussi fait l’objet d’une adaptation plus que libre, puisque le film portant le même nom, met en scène l’auteur de la saga et ses « monstres », enfermés dans les livres qu’il a écrit.

                        


Aujourd’hui, en plus des films, les romans à succès sont de plus en plus adaptés en séries télévisées. Cela va des trilogies pour adolescents, tel que Les 100, à de la science fiction avec Le Trône de Fer (Game Of Thrones), ou encore aux polars, avec le roman Glacé, de Bernard Minier adapté en série cette année.

                             
                                              

Malgré les déceptions possibles suite aux adaptations qui, selon nous, ne sont pas suffisamment fidèles aux divers romans, cela reste un plaisir de profiter des films ou séries télévisions tirés de nos romans préférés, et d’espérer que ceux qui ne sont pas encore adaptés à l’écran finiront par l’être un jour.
Lisa

mardi 20 septembre 2016

Le Festival America, c’est terminé !


Une bien belle édition cette année encore. Les festivaliers ont pu découvrir de nouveaux auteurs ou rencontrer ceux qu’ils admirent déjà. La plupart des événements ont fait salle comble, mais l’ambiance restait détendue.

J’ai passé deux jours bien remplis à Vincennes, pour assister à beaucoup d’événements : deux interviews, une avec Iain Levison, l’autre avec Laura Kasischke, qui précédaient la projection d’adaptations de leurs romans à l’écran : Un petit boulot (de Pascal Chaumeil) pour Levison, White Bird (de Gregg Araki) pour Kasischke. Une rencontre privilégiée avec ces écrivains, à qui le public a pu poser des questions à l’issue de l’entretien. Les traducteurs ont fait un travail remarquable pour nous transmettre la parole des auteurs. Il était également possible de discuter un peu avec ceux-ci lors de séances de dédicaces à la librairie, ce qui a été grandement apprécié.

J’ai assisté à des tables rondes sur des sujets aussi variés que la poésie américaine, les cours de creative writing (ateliers d’écriture, où on apprend à écrire de la fiction. Ces cours sont très répandus dans les universités américaines et beaucoup d’écrivains sont passés par là. Le phénomène commence à se développer en France), l’héritage de Martin Luther King, la famille comme sujet inépuisable, le monde latino aux Etats-Unis, le rapport entre un roman et son adaptation cinématographique ou télévisuelle... Que de pistes de lecture et de réflexion !

Rendez-vous dans deux ans pour la prochaine édition du festival, et en attendant vous pourrez bientôt découvrir sur nos étagères de nouveaux livres écrits par certains auteurs présents le week-end dernier.

Pour en savoir plus : http://www.festival-america.org/
Julie

mercredi 14 septembre 2016

Tous au Festival America !!!

Tous les deux ans, Vincennes se transforme en un petit coin d’Amérique à l’occasion du Festival America. Un pays d’Amérique du Nord est mis en lumière à travers sa littérature, des expositions photo, des concerts. Cette année, ce sont les Etats-Unis dont on fête l’anniversaire de l’indépendance.

De nombreux écrivains vont traverser l’Atlantique pour venir, du 8 au 11 septembre, le temps d’un long week-end, à la rencontre de leurs lecteurs dans différents lieux de la ville. Les lectures de textes, rencontres avec les auteurs, tables rondes pendant lesquelles trois ou quatre écrivains sont interrogés par un journaliste autour d’une problématique commune, se déroulent dans une ambiance détendue et passionnée.

Je ne peux que vous encourager à y aller si le sujet vous intéresse, on en revient toujours avec mille idées de lecture. La star, cette année, sera James Ellroy, l’auteur du Dahlia noir, à qui de nombreuses manifestations sont consacrées.






Venez retrouver ses livres à la bibliothèque ! Vous pourrez aussi lire ou relire ceux de Don Winslow, Laura Kasischke, Dan Chaon, Megan Abbott, entre autres, avant de les voir en chair et en os au festival.


Pour plus de renseignements, une seule adresse : www.festival-america.org.

Julie

mercredi 19 août 2015

Dans la famille des femmes écrivains au Japon, je demande « la francophone » : Aki Shimazaki (3/3)

Dans la famille des femmes écrivains au Japon,
je demande « la francophone » :
Aki Shimazaki (3/3)


Je termine ici la série entamée par notre très chère Maud sur les femmes écrivains au Japon ! Après Banana Yoshimoto et Yôko Ogawa, je voulais vous parler d’une femme très spéciale, qui m’a totalement séduite par son écriture et son univers.
Née au Japon en 1954, elle part en 1981 au Canada, puis à Montréal, au Québec en 1991. C’est la plus francophone des Japonaises ! En effet, les livres que je vais vous présenter ont été directement écrits par l’auteur…en français. Et c’est sublime !
Durant sa jeunesse, elle développe une passion peu commune pour la littérature, pendant qu’elle travaille comme éducatrice de jeunes enfants dans une école maternelle. Aujourd’hui, elle vit toujours à Montréal où elle exerce ses talents d’écriture tout en donnant des cours de japonais.
Son œuvre a été couronnée de nombreux trophées :
Tsubaki (1999) : finaliste du Prix Littéraire de la Ville de Montréal 1999 et du Grand Prix des lectrices Elle Québec 2000.
Hamaguri (2000) : prix Ringuet 2001, finaliste pour le Prix des Cinq Continents de la Francophonie 2001.

Hotaru (2004) : Prix du Gouverneur-Général en 2005, le Prix Canada-Japon pour Wasurenagusa en 2004.
A la bibliothèque, nous avons une pentalogie, la première de l’auteur, intitulée « Le poids des secrets », avec dans l’ordre : Tsubaki (1999), Hamaguri (2000), Tsubame (2007), Wasurenagusa (2008) et Hotaru (2009). Chaque titre est en fait un nom commun japonais qui sert de fil rouge à tout le récit. Aki Shimazaki excelle dans la forme brève, on oscille entre la nouvelle et le roman.
Tsubaki (= « camélia »). Yukiko a survécu à la bombe atomique tombée sur Nagasaki. Son père en est mort sur le coup, sa mère quelques années plus tard à cause des radiations. Yukiko vient de décéder, à un âge avancé, et la narratrice, sa fille Namiko, doit s’occuper des obsèques. Mais sa mère lui a laissé deux lettres, une pour elle et une autre pour un certain Yukio, le demi-frère de Yukiko ! Namiko n’avait jamais entendu parler de cet homme ! Mais Namiko n’est pas au bout de ses surprises (et le lecteur non plus) car sa mère portait en elle de nombreux et lourds secrets…
Hamaguri (= « palourde japonaise »). Nous voilà dans la tête de Yukio, vous savez, le fameux demi-frère dont on nous parle dans le tome 1 ! On découvre son point de vue et sa vie depuis son enfance, quand sa mère Mariko et lui s’installèrent dans une église-orphelinat. On voit comme il a souffert d’être né sans père et de voir sa mère triste. Puis un jour, un homme, Kenji Takahashi, a demandé sa mère en mariage, et là leur vie a été beaucoup plus heureuse. Mais comme pour les personnages du tome, les secrets de chacun sont bien lourds à porter.
Tsubame (= « hirondelle »). C’est au tour de Mariko, la mère de Yukio, de passer sous  la plume d’Aki Shimazaki. L’auteur en profite pour nous faire découvrir également une page sombre de l’histoire du Japon. Mariko n’est pas née au Japon, c’est une Coréenne qui s’est installée là-bas avec sa mère, où elles vivent dans la pauvreté. En 1923, le quartier de Kanto a été dévasté par un séisme causant des centaines de milliers de morts. Les Japonais ont alors accusé les Coréens d’empoisonner l’eau des puits et de piller les richesses des pays. Alors ils ont commencé à les exécuter, hommes, femmes et enfants. La mère de Mariko a voulu la protéger en lui donnant un nom japonais et en la confiant dans une église-orphelinat (la même que dans le tome 2), où elle devait garder le silence pour ne pas dévoiler son accent étranger. Maintenant à la fin de sa vie, Mariko revient sur son passé et sur les secrets qui entourent sa naissance.
Wasurenagusa (= « myosotis »). Quelle vie toute tracée pour Kenji Takahashi ! Fils unique et héritier d’une famille noble, riche et ancestrale de Tokyo, on lui trouve une jolie jeune femme à épouser, d’un bon parti. Mais aucune grossesse ne vient. La pression familiale est très forte et force Kenji à divorcer, sous prétexte que c’est l’épouse qui est stérile. Mais plus tard, il apprend que son ex-femme est remariée et qu’elle a eu un fils. Alors c’est lui qui est stérile, finalement ! Son monde s’écroule, comment perpétuer le sang familial dans ces conditions ? Heureusement, Sono, sa nourrice, est toujours là pour le réconforter et lui souffler de sages conseils. Il s’abrutit au travail, mais un jour propose son aide bénévole dans une église-orphelinat (toujours la même !), et tombe follement amoureux de Mariko ! Il l’épouse et adopte son fils, contre l’avis de ses parents. Ils mènent une vie calme et heureuse, mais dans sa tête trotte toujours le souvenir de Sono. Lui aussi va se pencher sur les secrets qui entourent sa famille et son origine.
Hotaru (= « luciole »). On passe dans l’esprit d’une jeune étudiante, fille de Yukio et petite-fille de Mariko (vous me suivez ?), qui s’appelle Tsubaki (comme le titre du tome 1, « camélia »). Ainsi la boucle de la pentalogie est bouclée ! La santé de Mariko, vieille dame maintenant, se dégrade de plus en plus. Elle a 84 ans et décide de raconter ce qui lui pèse sur le cœur depuis tant d’années. Elle va lui raconter à quel point sa beauté et sa naïveté lui ont fait du tort, elle va lui raconter « l’histoire d’une luciole tombée dans l’eau sucrée »…
Ces textes, très courts, sont construits à la fois séparément et conjointement aux autres. C’est très spectaculaire, surtout quand on lit les 5 d’affilée. Toutes les informations se croisent, tous les secrets sont plus bouleversants les uns que les autres, les dialogues se répondent à la virgule près…Aki Shimazaki a fait un travail de dentellière, tout est ciselé à la perfection, il n’y a pas un mot en trop.

Les thèmes qu’elle aborde sont divers mais très profonds : le temps qui passe, le destin, l’amour, les signes, la beauté de la nature, l’histoire et surtout les périodes sombres du Japon.
Vous l’aurez compris, j’ai a-do-ré ! Je vous recommande très chaudement la lecture de ces petits ouvrages !
A bientôt !
Bérengère

vendredi 24 juillet 2015

Laurent Gaudé

Né le 6 juillet 1972, est un auteur très beau gos…euh je veux dire très talentueux ! Ne vous méprenez pas sur mes intentions. Cet article est uniquement destiné à vous prouver sa grande qualité littéraire. Si si, j’vous jure.
Mais cela ne m’empêche pas de vous montrer une photo, ça ne mange pas de pain, n’est-ce pas ?



C’est un auteur fidèle à la maison d’édition Actes Sud, que l’on aime beaucoup aussi à la bibliothèque !



J’ai découvert son œuvre complètement par hasard, avec La Mort du Roi Tsongor. J’avais reçu ce livre comme cadeau d’anniversaire, et je me disais que je pouvais le lire en allant à la fac, dans le tramway bordelais, pour faire passer le temps. Or, j’ai raté mon arrêt ! Je me souviens de ce moment terrible où je ne pouvais plus décoller mon nez du texte. Il est tout simplement magnifique (le texte, hein, pas Laurent…quoique). Cette histoire raconte comment un roi essaie de se sacrifier pour éviter une guerre qui aura tout de même lieu. Etant une fanatique absolue de l’Iliade, j’y ai tout de suite reconnu les éléments narratif et stylistique de l’œuvre épique d’Homère. Deux hommes se disputent une femme, Samilia, la fille du roi Tsongor. Tandis qu’elle s’échappe, son père se suicide, pensant que sa mort stoppera la guerre imminente. On suit le vieux serviteur du roi, qui veille sur sa dépouille et lui parle.
C’est un texte extrêmement émouvant, qui met en parallèle différents personnages, de tous les camps, de tous les niveaux sociaux et on entre vraiment dans leurs pensées et leurs sentiments. Comme dans Homère, le lecteur est amené à voir à quel point la guerre est une absurdité et à quel point l’homme peut se montrer égoïste : les 2 prétendants qui sacrifient des milliers de guerriers pour leur petit profit ; la belle Samilia qui fuit parce qu’elle ne veut pas choisir ; le roi qui se suicide en croyant que le monde tourne autour de lui. Bref, ce texte a obtenu le Prix Goncourt des Lycéens en 2002, puis le Prix des libraires en 2003, et c’est tout à fait normal !

Et depuis, il en a fait d’autres, tout aussi géniaux !
Je voudrais citer en particulier La Porte des Enfers, sorti en 2009.



« Au lendemain d’une fusillade à Naples, Matteo voit s’effondrer toute raison d’être. Son petit garçon est mort. Sa femme, Giuliana, disparaît. Lui-même s’enfonce dans la solitude et, nuit après nuit, à bord de son taxi vide, parcourt sans raison les rues de la ville. Mais, un soir, il laisse monter en voiture une cliente étrange qui, pour paiement de sa course, lui offre à boire dans un minuscule café. Matteo y fera la connaissance du patron, Garibaldo, de l’impénitent curé don Mazerotti, et surtout du professeur Provolone, personnage haut en couleur, aussi érudit que sulfureux, qui tient d’étranges discours sur la réalité des Enfers. Et qui prétend qu’on peut y descendre… Ceux qui meurent emmènent dans l’Au-Delà un peu de notre vie, et nous désespérons de la recouvrer, tant pour eux-mêmes que pour apaiser notre douleur. » (source : site de l’auteur) Et voilà ce père au bord du gouffre qui voit renaître un but dans sa vie : récupérer son fils aux Enfers et le ramener chez les vivants.
Ce texte est tout simplement reversant ! Laurent Gaudé parvient à réutiliser tous les codes de la mythologie pour insuffler à son récit une dimension épique et cruciale dans la vie de cet homme complètement désemparé. A lire encore et encore !

Pour finir, je vais vous parler d’un livre très court, Cris, sorti en 2001. C’est son premier roman.

 
« Ils se nomment Marius, Boris, Ripoll, Rénier, Barboni ou M’Bossolo. Dans les tranchées où ils se terrent, dans les boyaux d’où ils s’élancent selon le flux et le reflux des assauts, ils partagent l’insoutenable fraternité de la guerre de 1914. Loin devant eux, un gazé agonise. Plus loin encore retentit l’horrible cri de ce soldat fou qu’ils imaginent perdu entre les deux lignes du front : « l’homme-cochon ». A l’arrière, Jules, le permissionnaire, s’éloigne vers la vie normale, mais les voix des compagnons d’armes le poursuivent avec acharnement. Elles s’élèvent comme un chant, comme un mémorial de douleur et de tragique solidarité, prenant en charge collectivement une narration incantatoire, qui nous plonge, nous aussi, dans l’immédiate instantanéité des combats, avec une densité sonore et une véracité saisissantes. » (source : site de l’auteur)
Les images de la guerre des tranchées sont tout simplement inoubliables. Le ton est à la fois dur et tendre, les personnages ne sont que des enfants à qui on a donné un fusil et des ordres absurdes. On change totalement de registre par rapport aux deux précédents, mais peut-être pas, parce que dans La Mort du Roi Tsongor, on trouve également cette vacuité de la guerre.
C’est un de mes coups de cœur absolus, vous l’aurez deviné.
Vous pouvez lire bien d’autres romans de Laurent Gaudé, nous en avons quelques uns, et ils sont tous d’une qualité remarquable !


A bientôt !
Bérengère

mardi 14 octobre 2014

Dans la famille femmes écrivains au Japon, je demande « La discrète » : Yoko Ogawa (2/3)

« Le monde est rempli de morts qui parlent de ces voix qui n’ont pu être entendues. (…) J’écris pour les faire entendre. »* Voici comment Yoko Ogawa se définit car pour elle, l’écriture est un passage vers le Royaume des morts et l’objet d’un dialogue avec les défunts.

Ceci explique sans doute l’étrangeté de ses romans, ou de ses nouvelles, servis par une écriture faussement simple, limpide et d’une grande poésie, merveilleusement traduite par Rose-Marie Fayolle chez Actes Sud.
Yoko Ogawa, née en 1962, revendique la discrétion de sa vie, somme toute banale : un mari, un fils, le tricot et l’écriture comme une évidence. Ses personnages, elle les suit dans leurs cheminements intérieurs ou extérieurs, héros invisibles, obsédés par le passé et le classement contre la disparition et l’oubli. Elle se dit aussi télépathe  et ses « romans ne décrivent que des choses dont je n’ai pas pu faire l’expérience. Ils racontent mes voyages dans l’univers mental des autres. »*
Petits oiseaux, son dernier roman, est empreint de ses thèmes de prédilection. Le personnage central, l’homme aux petits oiseaux, est le seul à comprendre son frère qui, à 11 ans, s’est mis à ne parler que le Paw paw, la langue des oiseaux. Pour ce grand frère si paisible, capable de rester des heures devant la volière du jardin d’enfant, les oiseaux parlent le langage de l’amour et seuls les plus attentifs peuvent l’entendre. Et le jeune frère se fera le gardien des trésors de l’ainé, une fois ce dernier disparu.

Les animaux, comme ici, sont omniprésents dans l’œuvre de Yoko Ogawa, à l’instar de celle de Haruki Murakami qu’elle considère comme son maître. Chat, éléphant, oiseaux, hippopotame, toutes ces créatures sont douées de raison et peuvent communiquer avec qui veut bien les écouter.
Pour les curieux, émoustillés par ce modeste article, France culture a mis en scène certaines de ses nouvelles en fiction radiophonique. Et pour ceux qui souhaiteraient en savoir un peu plus sur sa vie et son œuvre, je vous conseille vivement deux sites passionnants pour les amateurs de littérature japonaise:
http://www.lalitteraturejaponaise.com/ogawa-yoko/
http://www.plathey.net/livres/japon/ogawa.html
Maud
* Télérama 3303 du 01/05/2013

samedi 17 mai 2014

Les livres lus ou comment s’en mettre plein les oreilles !

Comme je vous en parlais dans mon post précédent, les beaux jours arrivent et c’est le moment de se confectionner des petits bidules uniques et préférés. Mais pourquoi ne pas en profiter aussi pour, en même temps, lire un roman ? Heu… certains vont me rétorquer, et à juste raison, « comment je fais, moi, pour tenir un livre tout en cousant et en faisant du Ukulélé ? » (rayez la mention inutile, bien sûr)
Ce à quoi je leur répondrai : « ben, t’es pas obligé de le lire, tu peux l’écouter ! » Silence général soudain… Car oui, chers lecteurs, roulement de tambour et de cymbales: à la bibliothèque, vous pouvez maintenant emprunter des livres lus !
C’est’y pas formidable ! Grâce à Sandrine qui est parvenue à pousser les murs, enfin les CDs, nous avons maintenant la possibilité de vous proposer quelques romans, polars ou classiques à écouter en faisant la cuisine, du bricolage, du jardinage… enfin bref, tout autre chose.
Évidemment, la collection débute aussi est-elle modeste mais les suggestions sont les bienvenues !




En attendant qu’elle s’étoffe, je me permets de souligner une initiative de férus de littérature, sur le blog « littérature audio » où vous pourrez télécharger et écouter des classiques (car libre de droits) en littérature, histoire, philosophie, etc…
Bonne et joyeuse écoute à tous !

Maud

PS : Autre association dont je ne peux que louer l’entreprise : la bibliothèque sonore de Rambouillet, affiliée à l’Association des donneurs de voix.  Les livres sonores, lus par des bénévoles et enregistrés sous forme de CD mp3, sont prêtés gratuitement à toute personne n’ayant pas une vision suffisante pour lire ou qu’un handicap moteur empêche de tenir un livre. Ils sont livrés à domicile et retournent à la bibliothèque gratuitement, par la poste.

lundi 16 décembre 2013

Femmes écrivains au Japon (1/3)


J’avoue, le Japon me fascine. Sa culture, cette application dans la présentation plus que dans le contenu, la forme plus que le fond, la littérature… Au Japon, la tradition « semble » côtoyer la modernité sans heurts. Pourtant, lorsque l’on creuse un peu, c’est bien plus complexe.
La place des femmes dans la société japonaise n’est pas aisée. Leurs projets d’avenir, pour beaucoup, restent le mariage et surtout les enfants. Une vie professionnelle en parallèle ? Mmh, pour de nombreux chefs d’entreprise, il ne saurait en être question d’où une propension accrue de femmes japonaises sans enfant et donc une chute de la natalité. Ce qui m’amène à vous parler des auteures japonaises.
 Tout le monde, plus ou moins, a entendu parler de Haruki Murakami, succès planétaire de 1Q84 et adaptation cinématographique de son roman la Ballade de l’impossible aidant. Sachez qu’à la même époque (1987) où est paru ce dernier, succès prodigieux de Murakami, une jeune femme perçait et révélait au Japon qu’une nouvelle forme de littérature était en train d’émerger… Son nom ? Banana Yoshimoto. Son livre ? Kitchen.

Roman étrange, tout en en introspection, où le quotidien côtoie le merveilleux et la poésie. L’héroïne vient de perdre sa grand-mère et ne trouve de réconfort que dans les cuisines et les plats qu’elle confectionne. Elle est recueillie par un ami dont la mère est en réalité le père du jeune garçon, travesti.
  Dans la seconde novella (roman court) qui suit Kitchen, une jeune fille perd l’homme qu’elle aime et  la course à pied devient son unique moyen d’oublier son chagrin l’espace d’un instant. Vous l’aurez compris, le thème de prédilection de Banana Yoshimoto est le deuil et les réactions de ses personnages pour le surmonter… ou pas.

Banana Yoshimoto, fille d’un poète et philosophe réputé au Japon, Takaaki Yoshimoto a reçu pour ce premier roman le prix « jeune talent » de la revue littéraire Kaien. Elle a alors 23 ans et Kitchen s’est vendu à 2.5 millions d’exemplaires au Japon. Pour de nombreux critiques littéraires, les romans de Banana Yoshimoto et de Haruki Murakami sonnaient le glas de la littérature « pure » et amorçaient un mouvement  centré sur le « je » narcissique, sans la dimension politique ou historique qu'affectionnaient les auteurs d’après-guerre. Ils vont jusqu’à les comparer au manga, type populaire par excellence ! Pourtant, cette mise en relief du quotidien et de son impermanence fait écho chez les lecteurs qui, eux, les ont plébiscités ! Kenzaburõ Õé, prix Nobel de littérature en 1994, souligne cette évolution dans ses mémoires comme suit : "Ma façon d'écrire, c'est-à-dire dans un style propre à la langue écrite, est devenue dès lors un style ancien et les deux écrivains que sont Murakami Haruki et Yoshimoto Banana ont commencé à créer une nouvelle écriture de l'oralité."
 Lorsqu’en 1993, Kitchen est traduit en anglais et parait aux Etats-Unis, le New-York Times s’exclame « Quelle clairvoyance ! Quel extraordinaire don pour exprimer les sentiments humains ! » Un critique japonais parle alors d’universalité car Banana Yoshimoto peut être comprise partout quant à la place de la technologie dans notre monde moderne et l’éphémère qui la caractérise. Bref,  le succès mondial de l’OVNI Yoshimoto reste un mystère pour les chantres de la littérature japonaise mais moi, modeste lectrice que je suis, je suis tombée amoureuse des personnages et des histoires de cette auteure, de cette étrangeté qu’elle révèle chez l’individu et de l’impermanence qu’elle souligne avec tant de délicatesse.

« Je crois que j’aime les cuisines plus que tout autre endroit au monde.
Peu importe où elles se trouvent et dans quel état elles sont, pourvu que ce soient des endroits où on prépare des repas, je n’y suis pas malheureuse. »

Maud
PS : Les citations proviennent de l'ouvrage : « Ecrire au Japon : le roman japonais depuis les années 1980 » de Mariko OZAKI, traduit par Corinne Quentin chez Philippe Picquier

mercredi 4 décembre 2013

Rencontre avec Marie-Hélène LAFON Le 9 novembre 2013, à 17h, en salle des mariages.

 
         Toute de violet vêtue, Marie-Hélène Lafon a fait une entrée remarquée dans la salle des mariages. Les 35 personnes qui l’attendaient l’accueillirent avec bonheur. Cet auteur est une habituée de l’exercice : elle peut se prévaloir d’avoir publié 12 ouvrages, dont beaucoup ont reçu de belles récompenses, notamment le Prix Renaudot des lycéens pour Le Soir du Chien en 2001. Elle est aussi régulièrement invitée sur des plateaux de télévision, et à la radio, pour évoquer son œuvre qui s’étoffe d’ouvrage en ouvrage.
         Cette rencontre était placée sous le signe du Salon du livre des Essarts-le-Roi, avec lequel la bibliothèque est en partenariat cette année.
         Une fois tout le monde installé, l’entretien a commencé directement dans le vif du sujet. Les éléments autobiographiques qui foisonnent dans tous ses ouvrages ont été le point de départ de la découverte de cet auteur de qualité, professeur de lettres classiques à Paris. L’entretien s’est très vite transformé en conversation, comme à la maison, où les lecteurs sont devenus acteurs et ont posé de nombreuses et pertinentes questions.
Elle a mis l’accent sur le fait qu’elle ne fait pas d’autobiographie, elle utilise simplement tout ce qui se passe autour d’elle pour le retranscrire en fiction. D’après ses mots, la réalité est bien plus riche et extraordinaire que l’imagination. Elle n’invente rien, elle transforme la réalité, elle se sert de son sens aigu de l’observation.
Elle a également avoué passer des mois entiers à retravailler ses textes, dans un souci du « mot juste », de la formule. Elle a cette « obsession » en elle de la langue française qui se traduit très bien dans ses textes. Son style est tout à fait particulier, opaque de prime abord, mais d’une richesse et d’une poésie inouïes dès que l’on se laisse emporter par la musique de son écriture.
Elle est par ailleurs très attachée à ses racines, le Cantal, Aurillac et le monde paysan qu’elle a connu de près. Les thèmes de l’héritage, de la famille et de l’avenir du monde paysan sont extrêmement présents dans son travail. Elle écrit pour retranscrire ce monde avec le plus d’exactitude possible, sans aucune complaisance : la rudesse, le silence et la solitude de ses personnages traduisent en effet une réalité qui tranche avec la vision idyllique que le lecteur pourrait avoir de la campagne avec de jolies vaches dans les prés.
Pendant une heure et demie, les questions se sont enchaînées, d’idées en idées, parsemées d’extraits choisis, lus par elle-même. Le temps est passé si vite ! Les échanges se sont poursuivis autour d’un verre et de petits fours, lors d’une séance de dédicaces.
Bérengère

lundi 26 août 2013

World War Z

En 2006, Max Brooks publie un livre assez étrange, du nom de World War Z : Une histoire orale de la guerre des zombies.



 ça claque, comme couverture, non?

Mais avant toute chose, qui est Max Brooks ? Il est né à New-York en 1972, et est à la fois écrivain et scénariste. En 2003, il avait déjà abordé le sujet des zombies dans le Guide de survie en territoire zombie. Ce guide est l’outil indispensable à avoir si vous êtes confrontés à une attaque imminente de zombies ! L’auteur allie les références de la culture zombie à un grand sens de l’humour. On sent qu’il en connaît un rayon dans le découpage en règle de ces p’tites bêtes !


Max Books, son regard de tueur et son guide de survie

Avec World War Z, l’auteur change de registre, et prend un ton plus sérieux et surtout plus sombre face à l’invasion de nos amis morts-vivants. En effet, l’auteur part du postulat qu’une pandémie mondiale de zombies fait rage sur la Terre. Sa réflexion se porte alors sur les réactions humaines qui en découleraient. En effet, que feraient les gouvernements ? Max Brooks se met dans la peau d’un agent de l’ONU chargé de faire des rapports sur la catastrophe. Le texte se présente donc comme une série d’interviews avec les différents protagonistes du récit : des médecins, des militaires, des politiques…toujours en privilégiant le côté humain du drame.
Ce que l’auteur veut faire comprendre à travers la menace fictive des zombies, c’est qu’une pandémie mondiale causée par l’Homme est tout à fait possible et là, que ferions-nous ? Une arme bactériologique pourrait très bien se retourner contre nous et raser l’espèce humaine. A force de faire des expériences, et de « jouer » avec des virus mortels, il se peut bien que y passions tous. C’est ce message plutôt sombre que veut nous faire passer Max Brooks, et finalement, les zombies ne sont pour lui qu’un prétexte pour transmettre ses propos.

Et en cela, le film est une excellente adaptation du livre !! J’ai vraiment apprécié que l’esprit soit conservé, et que le film ne devienne pas une boucherie gratuite. Si vous pensiez voir un bon Romero comme on les aime, passez votre chemin ! Même si vous aurez la satisfaction de voir Brad Piiiiiiiiiiiiiiiiitt (euh, pardon je m’égare) qui tabasse du zombie à la hache ! Le personnage joué par Brad Pitt est aussi un agent de l’ONU, mais on le voit parcourir le monde à la recherche d’un antidote à cette pandémie. Le trouvera-t-il ? Mystère ! On ne s’ennuie pas une seconde, le rythme est haletant, tout est là pour passer un bon moment !
Voici la bande annonce, pour vous donner l’eau à la bouche…non non non je ne suis pas comestible ! moi aussi j’ai une hache sous mon bureau ! : 



Voilà voilà, il ne me reste plus qu'à vous souhaiter un bon visionnage et d'excellentes vacances pour ceux qui y sont encore!!

Bérengère

vendredi 28 juin 2013

Ça peut pas faire de mal… Voire même du bien

Aujourd’hui, je vais vous parler littérature, de celle qui vous enchante, vous amène à rêvasser les yeux clos. 
« Heu… apprécier la littérature les yeux clos, vous êtes sûre ? » me répondrez-vous.
Oui, j’en suis sûre. En écoutant la voix de Guillaume Gallienne sur France Inter, tous les samedis de 18h10 à 19h dans l’émission « ça peut pas faire de mal ».




 Guillaume Gallienne, beaucoup le connaissent en tant qu’acteur, que ce soit dans le dernier Asterix et Obelix au service de sa Majesté, Le concert ou en tant que sociétaire de la Comédie Française mais Monsieur Gallienne a aussi une fort belle voix dont il sait user pour nous guider parmi les chefs d’œuvre de la littérature depuis bientôt 4 ans.
Contemporain, classique, théâtre ou poésie, Guillaume Gallienne s’attaque à ce que bon lui semble, selon ses envies du moment et nous fait découvrir ou redécouvrir des œuvres autour desquelles, parfois, on tourne depuis fort longtemps sans oser les aborder de front.
Comme La divine comédie de Dante



Ou les Sept piliers de la sagesse de T.E. Lawrence



Ou simplement celles qui ont marqué notre jeunesse comme les romans des sœurs Brontë ou 1984 de George Orwell
Vous pouvez donc réécouter cette émission en podcast ici et pour ceux qui ne seraient pas forcément familier de l’outil, une cession de rattrapage repasse pendant l’été, tous les jours de la semaine.
Evidemment, pour les réfractaires à la lecture à voix haute, aussi merveilleuse soit la voix, nous avons toujours les versions papier !
Bonne lecture à tous…
Maud

mardi 23 avril 2013

Islande, pays des poètes

L’Islande… ce petit pays d’à peine plus de 300 000 habitants est surtout connu comme celui qui a enfanté Sigur Ros, Emiliana Torrini et surtout Björk,: de petits lutins un peu étranges capables de nous pondre des ritournelles indispensables à toute bonne discothèque ! Si la musique islandaise a déjà fait son chemin depuis une petite trentaine d’années par chez nous, la littérature nous est parvenue à pas feutrés.
Arnaldur Indridason, auteur de polar dans la veine de Henning Mankell a été le premier à faire son bonhomme de chemin jusqu’à nos bibliothèques. D’autres romanciers nous parviennent doucement mais sûrement, comme Kristin Marja Baldursdottir, Sjön, Audur Ava Olafsdottir ou Stefan Mani, mais il est temps de prévoir un peu de place sur vos étagères pour l'un de mes auteurs préférés (comment ça, je manque d'objectivité?): Jon Kalman Stefansson.



Photo: Einar Falur Ingolfsson
Qu’a-t-il de particulier, ce monsieur, si ce n’est un nom fort complexe pour nos petites oreilles ? En l’espace d’une trilogie, Jon Kalman a juste deployé toute la beauté du monde :
Alors, de quoi parlent mes livres ? De l’univers et des touffes d’herbe en Islande ; de la douleur de vivre, de  notre bonheur et de notre impuissance, de rêves et de naufrages, et aussi de désir.
(Le Matricule des Anges n°139 – janvier2013)
Rares sont les romans qui vous transportent au point de ne rêver que de vous plonger dans un recueil de poésie, tant la langue est belle, et d’embarquer pour l’Islande, sous la neige, par le prochain avion (ce qui se révélera moins poétique une fois vos orteils transformés en glaçons à la sortie de l’aéroport)
Jon Kalman Stefansson est avant tout un poète et son style en est imprégné. Qui est ce doux rêveur ? Un homme qui a cessé l’école à 16 ans, a travaillé dans une usine de poissons puis repris ses études autour de la vingtaine, d’abord dans le but d’être astronome avant de s’apercevoir qu’il avait le pouvoir de faire tenir l’univers en quelques lignes.
Entre Ciel et Terre est le premier roman traduit en français, début donc des aventures du « gamin » dans l’Islande du XIXe siècle. Le « gamin » partage avec son ami Bardur, un amour éperdu pour la poésie qu’ils dévorent entre deux pêches à la morue. Un jour, alors que la neige danse encore sur les flots, les jeunes gens embarquent pour une énième expédition. Baldur s’aperçoit rapidement qu’il a oublié sa vareuse, étourdi qu’il était par des vers de Milton, signant ainsi son arrêt de mort dans un monde où la vie d'un homme vaut mons que la pêche d'une journée. Baldur au visage d’ange disparu, le gamin, que trop de chagrin étouffe, choisit de quitter la mer et de partir en quête d’une raison de vivre…
Trois romans donc pour conter ce voyage initiatique : Entre ciel et Terre, la Tristesse des Anges et Le cœur des hommes, trois petits bijoux à côté desquels il serait dommage de passer.

Je tiens à remercier le traducteur Eric Boury sans qui nombreux de ces chefs d’œuvre islandais nous seraient inconnus mais que j’exhorte à s’atteler aux autres œuvres de M. Stefansson dans les plus brefs délais, s’il-vous-plaîîîîîîîîîîît !!!!!



Maud

lundi 11 février 2013

La Saint-Valentin


La fête de la Saint-valentin approche. Je sais que pour certains, l'évocation de ce mot fait surgir des réactions très négatives et même parfois un urticaire géant.
Mais pour moi, il est synonyme d'amour, de rendez-vous galants, de petits présents pour rappeler à l'être aimé notre affection et notre attachement. Je vous l'accorde cette fête a une dimension très commerciale mais nous ne sommes pas obligés de nous ruiner pour déclarer notre amour à notre cher et tendre.

Par exemple, offrir un bon livre peut être une idée de cadeaux intéressante. Beaucoup d'écrivains ont écrit sur ce thème et mes collègues et moi, nous allons mettre à votre disposition une bibliographie fournie et non exhaustive.

L'amour se décline sous plusieurs formes : Le premier amour, la passion, le chagrin d'amour, le mariage et bien d'autres encore. 

 Pour le premier amour, je peux vous conseiller de lire "Le chant des orques" de Antje Babendererde qui nous amène en Amérique du Nord découvrir une autre culture, celle des Makahs avec ses traditions et aussi une jolie histoire d'amour entre deux jeunes gens.
"Si je reste" de Gayle Forman est un roman autour de plusieurs thématiques, notamment le deuil, les liens familiaux et amicaux et aussi sur le chagrin d'amour car l'héroïne Mia doit faire des choix et en premier lieu celui de vivre ou mourir. A cause de ce choix, la vie de plusieurs personnes sera bouleversée et changera. C'est un roman inoubliable et en plus la suite est aussi intéressante et palpitante.
Les comédies romantiques sont basées sur la rencontre de deux personnes avec des caractères souvent opposés comme dans "Le mec de la tombe d'à côté" de Katarina Mazetti qui raconte l'histoire d'une bibliothécaire et d'un agriculteur. J'ai aimé ce roman car il est original, bien écrit et les personnages principaux sont très attachants.
 Dans un genre très différent, "Les liaisons dangereuses" est un roman épistolaire, grand classique du 18e siècle avec une réputation des plus subversives. Et pour cause ! Nous assistons aux manigances libertines de Madame de Merteuil et de Monsieur de Valmont pour dévergonder la jeune, jolie et surtout naïve Cécile Volanges. Au centre de ses lettres échangées, l'amour y tient toute la place. Les personnages sont denses et l'intrigue est complexe. Un vrai régal ! (Le coup de cœur de Bérengère)
 Et enfin, "Persuasion" de Jane Austen! Au lendemain des guerres napoléoniennes, le capitaine Frederick Wentworth revient dans son pays natal, gradé et fortuné. Ce jeune homme est l’amour de jeunesse d’Anne Elliot, deuxième fille du vaniteux Sir Walter Elliot. A 27 ans, la jeune femme est en passe de devenir vieille fille car elle n’a pu se résoudre à épouser un autre homme. Les fiançailles des jeunes gens ont été rompues neuf ans plus tôt après que la grande amie et protectrice d’Anne, Lady Russel, l’ait fortement découragée à s’engager auprès d’un jeune aspirant sans le sou. Notre héroïne ne pensait plus jamais croiser Frederick mais le destin va en décider autrement...
Aucun des romans de Jane Austen ne passerait à côté d’un sujet aussi crucial que... l’Amour. Faire un mariage d’amour plus que de raison semble une évidence aujourd’hui mais il y 2 siècles (ce roman a été écrit en 1814), cela relevait du superflu. Or, dans ce roman de la maturité, il s’agit bel et bien de favoriser les tendres sentiments plutôt qu’un mariage de raison à l’avantage pécuniaire certain. Moins connu qu’ " Orgueil et préjugés ", "Persuasion" reste mon préféré ! (Le coup de cœur de Maud)
 On ne peut pas vivre que d'amour et d'eau fraîche, mais lire un bon roman sur ce thème est quand même une occupation bien agréable.



Je vous souhaite un excellent mois de février sous le signe de l'Amour.
Valérie

mardi 16 octobre 2012

Vous glisserez bien un peu de poésie dans votre journée ?

 La maison de la Poésie de Saint-Quentin-en-Yvelines organise pour sa 9e édition le festival PoésYvelines – la Semaine des poètes, du 28 septembre au 7 octobre. A cette occasion, nous accueillons dans nos locaux, et ce en partenariat avec la Maison de la Poésie et le Parc National Régional de la Haute Vallée de Chevreuse, une exposition « Des poètes dans la Nature », photos d’Adrienne Arth et regards de poètes, réunis dans l’ouvrage éponyme aux éditions de l’Amandier, jusqu’au 6 octobre, un atelier d’écriture animé par le poète Roland Nadaus le 1er octobre de 13h30 à 15h30 et enfin une rencontre / lecture avec Roland Nadaus et Sophie Loizeau le 3 octobre à 18h suivi d’un verre de l’amitié.
Bref, ces événements sont l’occasion pour moi de vous parler de poésie. Ah, la poésie… combien de fois entends-je chaque jour, dès que j’évoque ce simple mot « Oh, moi, la poésie, je n’y comprends rien ! » et c’est là que je réponds guillerette « ben c’est pas grave, c’est juste le plaisir des mots ». Evidemment, je passe pour un ovni ! Parce que oui, j’aime la poésie, et pire encore, la poésie contemporaine ! De celle dont on ne saisit pas immédiatement le sens, qui relève de la musique, mes petites madeleines de Proust à moi et là, sans doute avec maladresse car peut-être que je n’en saisis pas moi-même toute la portée, je vais tenter de partager ce petit plaisir avec vous…
A mes yeux, la poésie vous parle de nous, de vous, des autres, sous forme libre, en prose ou en quatrain, la poésie, c’est la vie. Il y a ceux qui aime les grands textes, les grands auteurs et ceux, comme moi, qui aiment certains textes car ils lui semblent proches, presqu’intime.


La poète qui m’a faite entrer en poésie est surtout connue pour ses romans : Jeanne Benameur. Elle a publiée « Notre nom est une île » en 2011 aux éditions Bruno Doucey.
Mais rien pour ployer la nuque
Pas de repos sous nos paupières
L'immensité a pris le ciel
Nos yeux ne gardent que l'horizon
C'est peu un horizon quand on a le coeur vaste
On voudrait parcourir
On arpente
Valérie Rouzeau et sa fantaisie verbale m’a aussi enchantée. Grande lectrice de littérature américaine, traductrice, «  elle se tient au cœur du monde, en même temps qu’à sa marge. Sa vie chahute entre les lignes. Elle dit le plafond qui grince, le jeune homme pâle dans le métro, la visite chez le gynéco, les nuits blanches et les nuits noires. Elle s’empare du quotidien et fait violon de tout bois. » (note de l’éditeur « La table ronde »)
Bonne qu'à ça ou rien
Je ne sais pas nager pas danser pas conduire
De voiture même petite
Pas coudre pas compter pas me battre pas baiser
Je ne sais pas non plus manger ni cuisiner
(Vais me faire cuire un oeuf)
Quant à boire c'est déboires
Mourir impossible présentement

Enfin, Prix PoésYvelines de cette année, François-Xavier Maigre et son premier recueil « Dans la poigne du vent » m’a, là encore, laissée rêveuse :

En attendant
Je me répète que l’éternité
Est une cathédrale de murmures
Où nous passons
Ou peut-être
Ce chapelet de souvenirs
Que j’égraine à tout vent.

Certains vont donc se sentir frustrée par mon poste, je n’explique rien, je ne suis pas professeur, juste amatrice exaltée de Charles Juliet, Franck Venaille, Andrée Chedid, Ito Naga et tant d’autres…

Maud

jeudi 20 septembre 2012

Dystopie, mon amie…

Mesdames et messieurs, la dystopie est en vogue ! La quoi ? vont scander la plupart d’entre vous. La Dys-to-pie !
Est appelée ainsi une fiction dont le sujet central est une société imaginaire qui empêche la totalité ou une partie de ses membres « d’atteindre le bonheur » et qui situe l’action dans un monde futuriste. Autant dire les choses clairement, le futur n’est pas rose chez la plupart de nos auteurs contemporains !
L’un des premiers à imaginer un futur fortement anxiogène est Aldous Huxley avec son meilleur des mondes (écrit en 1931) où l’être humain ne se reproduit plus, il est cloné et conditionné durant son enfance. 1984 de George Orwell et son « Big Brother is watching you », publié en 1949, en est un autre exemple, métaphore du régime totalitaire et policier. Les monades urbaines de Robert Silverberg, écrit en 1974, en pleine période « faites l’amour, pas la guerre », présente un futur idyllique basé sur une société ayant aboli tout tabou pour permettre à 75 millions d’individus de vivre ensemble dans des tours géantes... jusqu’à ce que la surface se craquelle révélant là encore, des relents totalitaires. Enfin La servante écarlate (1985) où Margaret Atwood imagine que les femmes, en voie d’extinction, sont soumises à l’autorité du pouvoir religieux et vouées, pour une partie d’entre elles, à n’être que des matrices. Voici donc quelques exemples de grands romans qui ont marqué leur époque et en ont traduit les frayeurs dont certaines, finalement, ne sont pas si éloignées d’une réalité actuelle.


Mais revenons à nos romans en vogue. Ce courant a, depuis peu, envahi les étagères de la littérature… ado. Nombreux pensent que ce mouvement a pris son élan suite au succès de la brillante trilogie Hunger Games mais ce serait oublier La déclaration de Gemma Malley, l’excellent les fragmentés de Neil Shusterman ou encore Uglies de Scott Westerfeld. Bref, la littérature ado tente de pousser nos chers petits (pas si petits) à ré-flé-chir ! Et que ce n’est pas en se collant tous les soirs devant Secret story qu’ils vont penser par eux-mêmes et protéger leurs libertés fondamentales et leur esprit d’analyse (ouf, voilà c’est dit !)



La trame est souvent similaire. Un monde aux règles assez strictes, établies dans le but de faire face à une surpopulation, un ancien conflit traumatisant, une limitation des ressources premières, etc… auquel notre héros ou héroïne s’est plié jusqu’à présent. Un jour, pourtant, lui, ou un être cher, est mis en danger par ce régime totalitaire, ou pire même, notre personnage principal tombe amoureux et là, le dessillement se fait progressivement et conduit à la rébellion.
Qu’est ce qui a fait de Hunger Games l’incarnation même de ce mouvement, lançant un véritable courant (voir Promise, Birth Marked et tant d’autres) après les vampires et les magiciens ? Taxé d’être plus violent que la production éditoriale jeunesse ordinaire, rencontrant autant de succès auprès des ados que des adultes, il est le nouveau phénomène littéraire adapté au cinéma.

 

L’héroïne Katniss, contrairement à ses homologues du genre, est déjà une rebelle qui défit l’autorité, un chat sauvage peu aimable et non une incarnation idéale de la féminité. Hunger Games tranche par un réalisme cru et les références historiques n'y manquent pas : Combats de gladiateurs, soumissions des serfs qui produisent mais ne profitent que rarement de leur production, provocation d'un drame humain pour mettre fin à un conflit plus rapidement, à l’image d’Hiroshima… bref, je serais prof. d’histoire, je n’hésiterais pas à le faire lire à mes élèves car Suzanne Collins a créé un univers qui, même si on le sait inventé de toute pièce, s’appuie sur bien trop d’exemples réels pour ne pas amener le lecteur à réfléchir… et lui donner la chair de poule par la même occasion.
Donc, oui, la Dystopie est mon amie… et la vôtre ?

Maud

vendredi 13 juillet 2012

Découvrir Stefan Zweig aujourd'hui,

C'est un peu comme réaliser enfin que la terre est ronde... mais il n'est jamais trop tard !

Tout a commencé par une Bande dessinée : "Les derniers jours de Stefan Zweig", adaptation du roman du même nom et du même auteur, Laurent Seksik, illustré par Guillaume Sorel.
En 1941, Stefan Zweig et son épouse, Lotte, débarquent au Brésil, fuyant cette Europe déchirée par la guerre et le fascisme. Six mois plus tard, le couple met fin à ses jours. Ce récit, mélant fiction et réalité, décrit la spirale de désespoir qui submerge l'écrivain viennois face au monde qui s'écroule. Sa femme, après quelques tentatives pour le ramener vers la lumière, l'accompagne jusqu'au bout.
Comme il n'y a pas d'âge pour les préjugés imbéciles (pléonasme ?), Stefan Zweig était, dans ma mémoire paresseuse (cela remonte à l'adolescence), un auteur classique... un peu ennuyeux, décrivant les états d'âme de la grande bourgeoisie européenne, dont il est issu. Certes l'époque est passionnante, Vienne magnifique, mais les idées reçues ont la vie dure.
Je découvre finalement un humaniste épuisé par son impuissance à changer le monde. Et bien au-delà, une langue riche et puissante qui guide au-delà des apparences, met en lumière la folie, les égarements humains sans jugement mais sans concession. De plus, ses nouvelles restent furieusement d'actualité. 

"Le joueur d'échec", édité après sa mort, narre l'affrontement autour d'un échiquier entre le champion du monde en titre et un inconnu, sur un bateau menant ses passagers vers le Brésil. Le premier est un jeune arrogant totalement ignorant du monde qui l'entoure hormis son univers. Il est dit de lui : "Comment un si prompt succès n'eût-il pas grisé une cervelle aussi vide ?... Comment voulez-vous qu'un petit paysan du Banat, âgé de vingt et un ans, ne soit pas ivre de vanité en voyant qu'il lui suffit de déplacer des pièces sur une planche à carreaux, pour gagner, en une semaine, plus d'argent que tous les habitants de son hameau n'en gagnent en une année de bûcheronnage et autres travaux éreintants ?" Le deuxième, discret à outrance, révèle petit à petit son parcours qui l'a mené aux portes de la folie.

"Vingt-quatre heures dans la vie d'une femme", Nouvelle également, parue en 1927, se déroule dans une petite pension de la Riviera. Une femme en villégiature, mariée, deux enfants, apparemment honorable, disparaît en compagnie d'un inconnu qui semblait également tout à fait respectable. La nouvelle bouleverse la micro société d'estivants. Seul le narrateur ose avancer l'hypothèse que cette femme n'est pas forcément un monstre du fait de son geste quelque peu inopportun. Son attitude attire l'attention d'une vieille dame anglaise qui se confie alors à lui.

D'autres nouvelles s'ajoutent à ces deux premières, ainsi qu'un roman et de nombreuses biographies, parmi lesquelles Marie-Antoinette, Marie Stuart...
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Guillaume Gallienne offre une fois de plus une très belle entrée en matière dans son émission "ça peut pas faire de mal", à écouter sans modération.
 
Sandrine