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mercredi 18 mai 2016

L'univers Manga

 
Vous avez certainement tous déjà entendu au moins une fois le mot « manga ». Même si vous l’avez surement plutôt entendu dans la bouche d’une petite tête blonde, il faut savoir que cette forme de BD japonaise s’adresse à tous. Un petit éclairage sur ce qu’est le manga s’impose !

Les débuts du manga en France
L’apparition du manga en France est liée à la diffusion dans les années 80-90 de séries cultes telles que Albator, Candy ou Goldorak.
Aujourd’hui, la France est le second marché mondial du manga derrière le Japon.

Un peu d’histoire…
Le mot « manga » est formé de deux idéogrammes : « man » et « ga » qui signifient, respectivement, « léger » et « image ». Ce mot aurait été inventé par Hokusai Katsushika (https://fr.wikipedia.org/wiki/Hokusai), célèbre peintre d’estampes,  au 19ème siècle.

La Grande Vague de Kanagawa (1831) est la première des 46 estampes composant les Trente-six vues du mont Fuji, l'une des œuvres majeures d'Hokusai.
Aujourd’hui, ce terme désigne la bande dessinée japonaise. Un manga est généralement d’un format équivalent à un livre poche ou semi-poche. Il contient environ 200 pages en noir et blanc.  Le premier magazine japonais de manga pour jeunes, « Shonon Club » apparait en 1914, il s’agit des premières séries d’aventures. Pendant la seconde guerre mondiale, le manga va servir d’effort de guerre et être utilisé comme arme de propagande. Mais après la guerre, le manga va connaître un nouvel essor et voir l’arrivée d’un mangaka qui va révolutionner le genre, Osamu Tezuka.
A la fin des années 50, vont paraitre des récits plus adultes avec des sujets sociaux, politiques, des réflexions sur la guerre… Enfin, dans la seconde moitié du 20ème siècle, deux courants majeurs vont émerger, le shônen et le shôjo.

Le manga, des genres différents

Le genre Shônen
Il désigne les mangas destinés aux jeunes garçons avant l’adolescence. Les histoires sont souvent riches en action et pleines d’humour, les univers sont diversifiés : médiéval fantastique, contemporain, futuriste, sportif,…
       

Le genre Shôjo
Il désigne les mangas destinés aux jeunes filles avant l’adolescence, le thème de prédilection étant les histoires romantiques. Elles peuvent se dérouler à notre époque au Japon, dans un lycée ou en France au 18ème siècle. Les graphismes sont doux, les héroïnes ont souvent de grands yeux.
  

Le genre Seinen
Ce genre, auparavant destiné au jeune homme adulte s’adresse à présent plus généralement au lectorat adulte.

Les mangas peuvent aussi être des romans graphiques
Dans la production japonaise, on trouve aussi des titres plus proches des BD européennes, des romans graphiques dans lesquels les auteurs proposent des histoires plus personnelles, plus intimistes ou autobiographiques. Le plus connu dans ce domaine est surement Jirô Taniguchi.

Alors, envie de vous y mettre ? Vous pourriez essayer Emma, A silent voice, Une sacré mamie, et tous les autres…

Bonne lecture !
Karine

vendredi 20 juin 2014

Jeremie Almanza

Qui n’a jamais eu peur du noir lorsqu’il était enfant ? Ou n’a pas osé se lever la nuit de peur que le monstre « desouslelit » ne vous croque un ou deux doigts de pied ?
Jeremie Almanza a sans doute affronté toutes ces grandes aventures enfantines pour être aussi inspiré ! Dessinateur de bandes dessinées depuis 5 ou 6 ans, il n’en a pas le classique profil.
Après plusieurs années d’études en économie, il s’est fait repérer sur le fameux forum pour illustrateurs en herbe (plus ou moins haute) Café Salé où il postait régulièrement ses jolis croquis.


Séverine Gauthier, scénariste, a adoré son univers et lui a proposé un projet pour Delcourt qui a débouché sur Aristide broie du noir, BD en vers et en rimes pour enfants angoissés mais courageux !



L’univers d’Almanza est, comme il le rappelle souvent en interview, fortement influencé par celui des réalisateurs Caro et Jeunet pour les monochromes brun, vert ou rose orangé et leur côté loufoque. A moi, il me rappellerait plutôt le Tim Burton des Noces funèbres ou de l’étrange Noël de Mister Jack avec ses personnages aux grands yeux hallucinés, sa poésie gothique et son goût pour les monstres et doudous étranges.



Dans Eco, série en 3 volumes, le scénariste Guillaume Bianco lui a fait du sur mesure pour que Jérémie Almanza puisse utiliser toute la palette de son imaginaire. Ainsi est née l’adorable Eco, fille unique de couturiers, délaissée par ses parents et qui les conduira à la ruine et à la folie pour avoir été trop généreuse avec un petit garçon et son ancêtre affamés. Accompagnée par 4 doudous nommés Socrate, Diogène, Esope et Epictète, Eco tente de survivre dans ce lieu où l’amour n’a pas sa place; jusqu’au jour où, pour enrayer la malédiction dont elle se croit victime, elle entame une longue quête à travers le pays...



Ce conte pour grands enfants est une petite merveille d’imagination qui donne des étoiles dans les yeux... et l’envie de piquer les adorables doudous d’Eco !
Bref, Monsieur Almenza, continuez à me faire rêver!... siouplaît !
Maud

vendredi 28 mars 2014

Vous reprendrez bien un petit Lupano ?

Wilfrid Lupano… sous ce nom exotique se cache un scénariste que j'affectionne particulièrement. Touche-à-tout par excellence, il aborde des sujets aussi divers que le polar, l’historique, le fantastique ou le Western et ce sans jamais se départir d’une touche d’humour ! Même lorsque le sujet abordé se révèle grave, au final…
 Je ne m’étendrai pas sur sa biographie que vous pouvez trouver fort détaillée ici mais plutôt sur ses bandes dessinées dont quelques unes enchantent nos rayons… et nos chers lecteurs.

Premier coup de cœur, Azimut, dessiné par Jean-Baptiste Andreae. Dans un monde où le Nord a disparu, le professeur Aristide Breloquinte étudie les caprices du temps. Mais il est loin d’être le seul comme l’étrange Aïcha. Cette sublime créature fait tourner la tête aux divers suzerains pour mieux les dépouiller et se retrouve poursuivie par tous les chasseurs de primes des environs…
Bref, des ingrédients que ne renierait pas Lewis Carroll, servis par de magnifiques planches !

Seconde découverte, ma révérence, dessinée par Rodgen. Pour cet opus, Lupano s’essaie au polar avec un anti-héros trentenaire, parfait looser, qui tente de braquer un fourgon blindé dans l’espoir de partir en Afrique rejoindre la femme qu’il aime. Entre l’éternel ado et son complice, simili rocker un poil agressif, nos deux bras cassés vont être les acteurs d’une histoire où humour, tendresse et critique sociale se côtoient.

Mon troisième se nomme L’homme qui n’aimait pas les armes à feu avec aux pinceaux Paul Salomone. Le lecteur est ici transbahuté au Far West au début du XXe, à suivre les aventures de Byron Peck, avocat anglais distingué, et Monsieur Hoggaard, géant massif ne s’exprimant qu’en borborygmes. Ces deux acolytes traversent le désert en quête d’une lettre qui pourrait changer l’avenir des Etats-Unis, malheureusement détenue par une rousse incendiaire et dangereuse, Margot de Garine. Petit bijou d’humour a dévorer ! Lupano aime les personnages atypiques et s’en donne à cœur joie.

Enfin, mon quatrième (ENORME!) coup de cœur, Le singe de Hartlepool, dessiné par Jérémie Moreau. Nous voilà transportés en Angleterre au début du XIXe siècle, dans un petit village typique des côtes anglaises. Suite au naufrage d’un navire français, le seul survivant, un singe, est emprisonné et jugé par les habitants, persuadés que c’est un Français puisqu’il est poilu, pue et son langage est incompréhensible à l’oreille britannique ! Ce pourrait être juste une idée originale mais lorsque l’on sait que l’histoire est vraie… ça laisse songeur.
Vous l’aurez compris, M. Lupano a une groupie inconditionnelle dans cette bibliothèque et elle l’assume. Son objectif suprême dans la vie est de vous initier, chers lecteurs, aux subtilités de l'art de Wilfrid Lupano ainsi nous fonderons un club à sa gloire!!!! Hum, je m’égare…
Bonne lecture ;)
Maud
http://wilfridlupano.blogspot.fr/

lundi 24 février 2014

Lulu femme nue


J'ai découvert la bande d'annonce de ce film et je me suis dit : "j'ai envie de le voir". Tout d'abord, j'adore Karine Viard car je trouve que c'est une grande actrice qui ne surjoue pas. Et puis l'histoire m'a touchée, la manière de filmer proche des acteurs, la mer en toile de fond et je n'ai pas été déçu. On se laisse porter par l'ambiance et par les personnages qui sont attachants.
Le titre du film me rappelait autre chose et j'ai mis un peu de temps avant de réaliser qu'il était tiré d'une bande dessinée adulte écrite par Etienne Davodeau. Alors je me suis mise à lire les deux tomes et j'ai adoré  l'atmosphère, les personnages, l'histoire de cette femme qui ne prend pas son train de retour pour s'octroyer une parenthèse dans sa vie devenue routinière.
Suite à cette lecture, j'ai eu envie de continuer de découvrir cet auteur et j'ai lu " Les ignorants" où l'on suit le quotidien d'un vigneron, ami de l'auteur. Cette bande dessinée est intéressante car ils ont décidé d'apprendre le métier de l'autre. Pour cela, Etienne Davodeau va vivre sur la propriété du vigneron durant une année. Et le dessinateur va emmener son ami chez son imprimeur, chez son éditeur, dans des salons. Il va aussi lui faire lire beaucoup d'auteurs de bandes dessinés. Ils vont constater que leurs professions ont des points communs insoupçonnés comme la patience, la persévérance, la solitude mais aussi les liens avec les acheteurs potentiels. Le dernier livre que je dois lire de cet auteur est "Chute de vélo".





Et moi, qui ne lit presque jamais de bandes dessinées et encore moins pour adulte, je me suis mise à la lecture de certains auteurs conseillés par Etienne Davodeau.




Alors comme Lulu, il faut parfois sortir des sentiers battus pour faire de nouvelles rencontres humaines ou littéraires.
Valérie

mercredi 5 février 2014

Festival de la BD d’Angoulême: 41ème édition du 30 janvier au 02 février 2014.

Oyez oyez braves gens! Le Grand Prix a été décerné à Bill Waterson
Je vous invite à lire Calvin et Hobbes à la bibliothèque,
c'est juste génial!
 
La mascotte du festival se dépêche d'être à l'heure pour cette nouvelle édition! 

Tout d’abord je vais évoquer un peu l’histoire du festival.
25 janvier 1974 : c’est la création officielle du Salon international de la bande dessinée, qui deviendra plus tard le Festival du même nom. L’événement dure trois jours. Hugo Pratt signe l’affiche. De prestigieux auteurs sont présents : Burne Hogarth, Harvey Kurtzman, Maurice Tillieux, André Franquin, entre autres. Le créateur de Zig et Puce, Alain Saint-Ogan, accepte de voir son pingouin Alfred devenir la mascotte officielle de la manifestation.


Voici la première mascotte du Festival! 
 
Depuis cette date, le Festival n’a eu de cesse d’inviter les plus grands auteurs de BD de France et d’ailleurs et attire de plus en plus de passionnés. Tous les ans, sans interruption, Angoulême a vu sa notoriété de plus en plus associée à la bande dessinée. La ville accueille d'ailleurs une école très réputée pour les futurs dessinateurs et créateurs de bandes dessinées. 
Cette année, encore une sélection officielle riche en diversité : comics, mangas et bandes dessinées se partagent l'affiche!
Parmi les titres sélectionnés, certains sont déjà présents à la bibliothèque! 


Vous voulez savoir en quoi consiste ce festival ? Cliquez ici pour lire le programme du festival heure par heure! 
Chaque année, des "Fauves" sont attribués aux gagnants, de très jolies figurines en cristal à l'effigie de la mascotte!
Les catégories sont les suivantes :
  • le Fauve d’or : prix du meilleur album
  • le Fauve FNAC-SNCF : prix du public
  • le prix Révélation
  • le prix Regards sur le monde
  • le prix du patrimoine
  • le prix intergénérations
  • le prix de l’audace
  • le prix de la série
  • le prix spécial du jury
  • le prix de la BD alternative.

Le gagnant du Grand Prix de la ville d'Angoulême est généralement le président du Grand Jury de l'année suivante. En 2013, Ce fut Jean-Claude Denis, connu notamment pour sa série Luc Leroi, tandis que le  Grand prix 2013 fut attribué à Willem, talentueux dessinateur néerlandais. Willem est donc le président du Grand Jury en 2014.
Cliquez ici pour accéder à la page d'accueil du site du Festival.
Voilà, je n'ai plus qu'à vous souhaiter un excellent weekend au pays de la Bande Dessinée!

Bérengère

mardi 14 janvier 2014

Ayroles




Est un scénariste de bande dessinée né en 1968…et plutôt beau gosse ! hum, pardonnez-moi, je m'égare...
Il possède un réel amour de la langue française : ses textes et dialogues sont donc très bien écrits, et empreints de beaucoup d’humour. Tout ceci rend la lecture de ses BD très agréable ! On en redemande !!
Son écriture est le reflet d'une langue assez désuète qui donne un charme étonnant à l’histoire. D’ailleurs, il aime beaucoup situer ses intrigues dans des temps reculés, du Moyen-âge au XIX ° siècle.

Ses séries phares :



Garulfo : série en 6 tomes, maintenant achevée. (1995 à 2002).
Garulfo est une grenouille qui ne supporte plus son statut de batracien. Il est en effet la victime de tous les habitants de la mare, qui essaient de le boulotter !
Il part donc à la recherche d’une bonne fée qui pourra le changer en une créature dont il admire la force et l’ingéniosité : l’humain !
Une fois transformée en homme, notre grenouille veut devenir chevalier et trouver une princesse,  le tout en croyant naïvement que ce sera aussi facile que de faire un bond…
Mais le pauvre Garulfo n’est en fait qu’au commencement de ses ennuis ! Car l’Homme n’est pas aussi remarquable qu’il le croyait…



De capes et de crocs : série en 10 tomes, maintenant achevée. (1995 à 2012).
Ayroles poursuit dans l’aventure, avec cette série qui humanise des animaux. Un loup, Don Lope de Villalobos y Sangrin, et un renard, Armand Raynal de Maupertuis, font équipe, au XVII ième siècle, pour retrouver le trésor des îles Tangerines. Mais ils ne sont pas les seuls à vouloir mettre la main dessus.
Entre combats, amours, amitiés  et dialogues enlevés, cette série se lit avec un plaisir à ne pas dissimuler !!



D : série en cours, 2 tomes sont déjà sortis (2009 et 2011).
Cette fois-ci nous sommes en présence de personnages humains. Enfin, façon de parler, puisque nous nous retrouvons dans le monde très mystérieux des vampires.
Nous sommes à Londres au XIX° siècle et nous suivons les aventures plutôt périlleuses de Richard « Dick » Drake, explorateur (il est notamment allé en Afrique). De retour à Londres, il fait de nombreuses rencontres, pas toujours très innocentes…Il se retrouve au milieu de vampires et de chasseurs de vampires. Quel camp va-t-il choisir ?
Encore une fois, d’excellents dialogues doublés d’un scénario original… à lire !

N’hésitez pas à venir vous faire plaisir avec ces trois séries, nous les avons à la bibliothèque !
Bérengère

vendredi 29 mars 2013

Auriez-vous, chers lecteurs, un petit quart d'heure devant vous?

Alors installez-vous confortablement, emparez-vous d'un magnum vanille/chocolat au lait/noisette, éteignez la lumière et... bonne séance :)



Maud

vendredi 9 novembre 2012

Si je vous dis Vanyda…

Vous pensez immédiatement à un parfum de glace ou une marque de voiture? Et ben, non! Vanyda est une auteure de BD intimiste comme L’immeuble d’en face et Celle que je suis…. Née en 1979, elle fait partie d’un courant que l’on appelle La nouvelle manga réunissant des auteurs français et japonais autour de thèmes plus proches de la vie de tous les jours, à l’instar de nombreux auteurs japonais.
Vanyda est eurasienne (Laotienne par son père), a fait ses études à Tournais, vit à Lille mais elle puise indéniablement son inspiration au Pays du Soleil Levant. Les traits de ses personnages, l’intérêt pour les petits plaisirs minuscules, les relations entre les individus et leur psychologie fouillée, tout cela fait des bandes dessinées de Vanyda des univers à part. Les compositions et les cadrages ne sont d’ailleurs pas sans rappeler ceux de Jiro Taniguchi, un de mes auteurs favoris.


L’immeuble d’en face retrace, sur trois volumes, le quotidien de plusieurs habitants d’un même immeuble : jeune couple d’étudiants, femme seule avec enfants, couple d’âge mûr… chaque événement, des soirées entre copains à la tasse de thé fumante, nous renvoie à de petites choses que l’on a été amenées à vivre. Aussi se glisse-t-on dans ses albums avec un plaisir tout doux...


Dans Celle que je ne suis pas, l’héroïne, Valentine, a 14 ans. Jeune fille discrète, elle est au collège, entourée de ses amies : première cigarette, premier flirt, première désillusion…Vanyda explore en douceur l’adolescence, à travers Valentine, bien sûr, mais aussi les copines, de la délurée à la bucheuse, entre l’envie de faire partie du groupe et ce besoin de s’en démarquer arrivé au lycée.


Enfin bref, amateur de petits riens et de bonnes histoires, jetez-vous sur ces BD!
Maud
Pour découvrir un peu plus son travail: Blog de Vanyda

mercredi 12 septembre 2012

La bande dessinée sans texte


Quand on pense à la bande dessinée pour la jeunesse, souvent Astérix, Tintin, le Petit Spirou sont les séries qui nous viennent à l'esprit. La transmission entre générations permet à ces bandes dessinées de continuer à être lues par les plus jeunes.
Aujourd'hui certains éditeurs font un pari différent : amener des enfants de maternelle vers ce genre littéraire. Et pour cela, ils ont créé des histoires sans texte. Dès 4 ans, l'enfant suit case par case un jeune héros qui vit de petites aventures. La collection Puceron chez l'éditeur Dupuis permet au jeune lecteur de lire tout seul les images : une image = un mot, une page = une phrase.

Ainsi Pierre Bailly et Céline Fraipont ont conçu "Petit Poilu", un personnage rigolo, tendre, proche de leur univers. Dans l'album, Mémé Bonbon, il rencontre une femme qui fabrique toutes sortes de friandises mais la grand-mère n'est pas aussi gentille qu'il y paraît. J'adore les dessins ronds et douillets et l'enfant peut suivre et comprendre le déroulé de l'histoire grâce à une narration fluide.

Chez le même éditeur, Virginie Vertonghen et Carine De Brab ont elles imaginé la série "La vavache". Dans l'album Plif ! Plaf! Plouf !, la vavache reçoit en cadeau une piscine gonflable. Mais elle se sent un peu seule, alors au fur et à mesure toute une série d'animaux vont remplir la piscine jusqu'à... Cette histoire ressemble au célèbre conte de la Moufle : un objet envahi par une quantité astronomique d'animaux du plus petit au plus gros jusqu'au grain de sable qui fait tout exploser.

Enfin, Ticayou est un Petit Cro-Magnon né sous le pinceau de Priscille Mahieu passionnée par la période de la préhistoire et dont le scénario a été créé par Eric Le Brun.



Alors, petits et grands n'hésitez pas à partir à la découverte de ces bandes dessinées pleines d'humour et de tendresse...
Valérie

vendredi 13 juillet 2012

Découvrir Stefan Zweig aujourd'hui,

C'est un peu comme réaliser enfin que la terre est ronde... mais il n'est jamais trop tard !

Tout a commencé par une Bande dessinée : "Les derniers jours de Stefan Zweig", adaptation du roman du même nom et du même auteur, Laurent Seksik, illustré par Guillaume Sorel.
En 1941, Stefan Zweig et son épouse, Lotte, débarquent au Brésil, fuyant cette Europe déchirée par la guerre et le fascisme. Six mois plus tard, le couple met fin à ses jours. Ce récit, mélant fiction et réalité, décrit la spirale de désespoir qui submerge l'écrivain viennois face au monde qui s'écroule. Sa femme, après quelques tentatives pour le ramener vers la lumière, l'accompagne jusqu'au bout.
Comme il n'y a pas d'âge pour les préjugés imbéciles (pléonasme ?), Stefan Zweig était, dans ma mémoire paresseuse (cela remonte à l'adolescence), un auteur classique... un peu ennuyeux, décrivant les états d'âme de la grande bourgeoisie européenne, dont il est issu. Certes l'époque est passionnante, Vienne magnifique, mais les idées reçues ont la vie dure.
Je découvre finalement un humaniste épuisé par son impuissance à changer le monde. Et bien au-delà, une langue riche et puissante qui guide au-delà des apparences, met en lumière la folie, les égarements humains sans jugement mais sans concession. De plus, ses nouvelles restent furieusement d'actualité. 

"Le joueur d'échec", édité après sa mort, narre l'affrontement autour d'un échiquier entre le champion du monde en titre et un inconnu, sur un bateau menant ses passagers vers le Brésil. Le premier est un jeune arrogant totalement ignorant du monde qui l'entoure hormis son univers. Il est dit de lui : "Comment un si prompt succès n'eût-il pas grisé une cervelle aussi vide ?... Comment voulez-vous qu'un petit paysan du Banat, âgé de vingt et un ans, ne soit pas ivre de vanité en voyant qu'il lui suffit de déplacer des pièces sur une planche à carreaux, pour gagner, en une semaine, plus d'argent que tous les habitants de son hameau n'en gagnent en une année de bûcheronnage et autres travaux éreintants ?" Le deuxième, discret à outrance, révèle petit à petit son parcours qui l'a mené aux portes de la folie.

"Vingt-quatre heures dans la vie d'une femme", Nouvelle également, parue en 1927, se déroule dans une petite pension de la Riviera. Une femme en villégiature, mariée, deux enfants, apparemment honorable, disparaît en compagnie d'un inconnu qui semblait également tout à fait respectable. La nouvelle bouleverse la micro société d'estivants. Seul le narrateur ose avancer l'hypothèse que cette femme n'est pas forcément un monstre du fait de son geste quelque peu inopportun. Son attitude attire l'attention d'une vieille dame anglaise qui se confie alors à lui.

D'autres nouvelles s'ajoutent à ces deux premières, ainsi qu'un roman et de nombreuses biographies, parmi lesquelles Marie-Antoinette, Marie Stuart...
˜
Guillaume Gallienne offre une fois de plus une très belle entrée en matière dans son émission "ça peut pas faire de mal", à écouter sans modération.
 
Sandrine

jeudi 14 juin 2012

Jacques Ferrandez et l'Algérie

Un lecteur avisé attirait, il y a quelques jours, mon attention sur une exposition du Musée de l'armée :



L'enthousiasme passé, le doute m'assaille : comment présenter cet évènement (que je n'ai pas encore vu) sereinement ? L'exposition retrace l'histoire de la colonisation française en Algérie, de la conquête en 1830 à l'indépendance en 1962. Discutée avant (comment les militaires peuvent évoquer objectivement ce pan de l'histoire ?), la qualité de l'approche fait aujourd'hui consensus. Les pages du Figaro, de Médiapart ou du Point confirment l'intérêt de la démarche. Je leur laisserai donc la parole et reviendrai sur le travail de Jacques Ferrandez dont les planches pontuent la visite.
Que vient faire un auteur de Bande dessinée dans cette histoire ? Lisez cette interview ou plongez dans ses "Carnets d'Orient" pour le comprendre. Jacques Ferrandez, né à Alger en 1955, auteur-illustrateur, débute sa série en 1987. On se retrouve alors en 1836, sur les traces de Joseph Constant, peintre français fraîchement débarqué à Alger et tombé sous le charme oriental, comme tant d’artistes de l’époque. La passion pour ce pays n'est pourtant pas source de compréhension et l'artiste s'y brûlera les ailes. Les générations suivantes, empruntant les mêmes chemins, connaîtront les même espoirs et désillusions. C'est cette immense affection associée à un certain aveuglement que Jacques Ferrandez raconte dans ce premier cycle qui s'achève en 1954. L'auteur reprend le fil de l'histoire en 2002 avec un second cycle narrant la période de la guerre de 1954 à 1962.




C’est avant tout une grande aventure que l’on découvre dans ces pages, des personnages attachants, des histoires familiales avec leurs drames et leurs joies et sans y prendre garde, on fait la connaissance de ce pays si proche et si loin. Les prestigieuses préfaces attestent d’ailleurs de l’importance du travail de l’auteur : Benjamin Stora ou Bruno Etienne pour n'en citer que deux.
˜
Commentaire d'un lecteur anonyme mais non moins prestigieux :
 Je ne sais par quel aspect commencer, le dessin, les aquarelles et pastels,  les cartes postales, la documentation et la lumière qui baigne l'Algérie. Voilà une série qui nous montre les relations complexes entre la France et l'Algérie. Tous les comportements dans chacune des communautés sont abordés sans complaisance. L'Histoire et les histoires s'entremêlent.
˜
Une balade parisienne se profile donc avant le 29 juillet prochain et d’ici là, les lectures ne manquent pas avec, évidemment les "Carnets d’Orient" mais aussi "Les voleurs de rêve, cent cinquante ans d'histoire d'une famille algérienne" de Bachir Hadjadj, ou encore "L’Algérie des origines à nos jours" de Jean-Jacques Jordi dans une collection jeunesse à la fois riche et très abordable, aux éditions Autrement.
Sandrine

vendredi 23 mars 2012

ATTENTION HEROS


"Vous êtes sans doute l'officier le plus indiscipliné,
le plus négligé, et le plus entêté que j'ai connu,
mais vous êtes aussi le plus efficace et le plus courageux !.."
Le Général Crook s'adresse alors au lieutenant Blueberry dans "Le cavalier perdu"


Le western est passé de mode (j'entends d'ici les : "on en a soupé dans les années 70-80, c'est totalement has been") et pourtant impossible de rester indifférent au personnage né en 1963, dans les pages de pilote, sous la plume de Jean-Michel Charlier et Jean Giraud.
Mike Steve Donovan est Lieutenant dans l'armée des Etats-Unis. A peine affecté à Fort Navajo, dans l'Arizona, il se confronte au Commandant Bascom alors prêt à attaquer les indiens pour venger le pillage d'une ferme et l'assassinat de ses occupants. C'est le début de la saga qui plonge le lecteur dans les Etats-Unis des années 1860 à 1880, entre guerre de sécession (voir La jeunesse de Blueberry), conquête de l'ouest, guerres indiennes et construction des grandes voies de chemin de fer. Toute une galerie de personnages odieux ou/et attachants croisent la route du héros : les compagnons, les militaires obtus auxquels Blueberry s'oppose sans relache, les personnages historiques, comme Cochise ou Ulysses Grant, les femmes qui rendent cet homme particulièrement maladroit, les chercheurs d'or, les ouvriers du rail...
En 15 mots : à lire absolument pour les amoureux d'aventure, de grands espaces et de caractères bien trempés. Une belle occasion aussi de se souvenir de Jean Giraud, disparu samedi 10 mars dernier, et plus (re)connu sous le nom de Moebius avec des aventures psychédéliques et futuristes.

 1 ARTISTE, 2 UNIVERS

Sandrine



samedi 3 décembre 2011

Kris, un historien dans la BD


"J’aime beaucoup ce que vous faites" est la première chose qui me vient à l’esprit en pensant à Kris mais c’est évidemment un peu court pour vous convaincre (si vous n’êtes pas déjà fan) que c’est un scénariste BD passionnant et qu’une rencontre-dédicace à la librairie BD Flash, puis à la librairie Labyrinthes, ça ne se loupe pas !
Né à Brest le 4 septembre 1972, des études d’histoire, un travail de barman, un de libraire, le monsieur se lance sérieusement dans le scénario BD en 1998 au sein du collectif « Les violons dingues » aux côtés d’Obion, Julien Lamanda, et bien d'autres. Depuis 2006, les éditions futuropolis éditent les principaux titres qu'il crée avec Etienne Davodeau, Nicoby, Maël, Jean-Denis Pendanx... Il a également collaboré à l'ouvrage collectif "en chemin elle rencontre...", sur les violences faites aux femmes, pour les éditions des Ronds dans l’O.
Et puis, et puis...C’est un fan de Blueberry, quand même!
Oui, d'accord mais qu'écrit-il ce monsieur ? eh bien, beaucoup d'histoires d'histoire mais pas que ! sélection commentée :


Sandrine

jeudi 7 juillet 2011


La DMZ ou zone démilitarisée, c’est Manhattan, au cœur de la 2nde guerre civile américaine. Une guerre commencée voici 5 ans entre les Etats-Unis d’Amérique et les autoproclamés « Etats Libres ». Personne n’entre ni ne sort de la zone, personne ne sait ce qui s’y passe réellement.
Math Roth, photographe stagiaire pour « Liberty News » débarque au milieu de ce chao, un peu par erreur. Il découvre un ilot de non-droit où les habitants subsistent sur la ligne de front, organisés par quartier pour se défendre, trouver de la nourriture et soigner les blessures, les dommages collatéraux… Il découvre également les manipulations et les compromissions.
Brian Wood, scénariste-illustrateur américain, et Riccardo Burchielli, dessinateur italien, signent un comics qui commence très fort. Malheureusement, malheureusement, après 2 premiers tomes très prometteurs, la suite perd de son mordant (Tome 9 prévu en français pour août 2011). Je m'explique : la BD est clairement politique et il s'agit, au travers d'une histoire, de dénoncer les diverses manipulations du pouvoir pour arriver à ses fins et écraser l'autre camp, pas de scrupule, pas de quartier. Les personnages attachants et l'action palpitante et complexe du début s'égarent donc parfois au profit d'un certain manichéisme.
Alors pourquoi faire un post sur cette série me direz-vous ? Et bien "Le New York Times", Le "San Francisco Chronicle" et bien d'autres ont encensé l'affaire alors, peut-être, je dis bien peut-être, suis-je un peu tatillone ! A vous de voir...
Sandrine