vendredi 6 avril 2012

Une source d'inspiration inépuisable: les Arts premiers

Le Musée du Quai Branly est un beau musée, comme l'a souligné Valérie dans son post précédent, mais les trésors de ce bâtiment sont, à mes yeux, ses collections que l'architecture et l'agencement ont su mettre en valeur.
Les arts premiers furent longtemps dénigrés par les occidentaux: considérés comme une "création collective", comme un art "primitif ou populaire" de personnes dépourvues de culture, trop abstrait en comparaison des canons européens naturalistes... Bref, les idées de l'époque transparaissaient dans la moindre expression culturelle extérieure à l'Occident. Ces critères faisant loi, le monde artistique s'est longtemps fermé aux formes d'art égyptien, babylonien, préhistorique, ou même chinois et japonais, pourtant contemporains.
Les philosophes des lumières, au XVIIIe siècle, furent les premiers à dénoncer l'opinion qui ne jurait que par l'art classique. Dépasser ses préjugés esthétiques et subjectifs fut l'une des missions que se donnèrent certains tout au long du XIXe siècle, s'appuyant sur les découvertes des ethnologues.
Ne nous leurrons pas, le processus fut long et ce n'est qu'au début du XXe siècle qu'une passion commune pour l'art africain réunit plusieurs artistes comme André Derain, George Braque ou Pablo Picasso... Cette source d'inspiration nouvelle est constatable dans la révolution picturale qui suivit celle des impressionnistes, notamment chez les cubistes. Ce qui avait été tant dénigré pendant des siècles devint soudain la modernité incarnée!

 
A gauche: Masque Bobo-Fing, région d'Etoumbi, Congo
A droite: Les demoiselles d'Avignon (détail), Pablo Picasso (1881-1973)

Modigliani ou Brancusi tombèrent, parmi d'autres, sous le charme des masques et sculptures venues d'Afrique qui inspirèrent une très grande partie de leurs œuvres.

A gauche: Madame Zborovska, Amadéo Modigliani (1884-1920)
A droite: Masque Fang, Gabon

Les arts premiers sont enfin reconnus comme des œuvres d'art à part entière et il est amusant de constater que, même aujourd'hui, la source d'inspiration n'est pas tarie...

A gauche: Sculpture De l'île Malo, Vanuatu
A droite: Princesses oubliées ou inconnues (Extrait), Rebecca Dautremer


Maud

mercredi 28 mars 2012

Le Musée du Quai Branly

Le musée du quai Branly se situe dans le VIIe arrondissement de Paris au pied de la Tour Eiffel. Il a été crée par Jean Nouvel.
Ouvert depuis le 23 juin 2006 au public, il réunit les anciennes collections d’ethnologie du musée de l’homme et celles du musée national des arts d’Afrique et d’Océanie.
Chaque année, dix expositions sont proposées au public. Actuellement trois expositions vous sont proposées : Patagonie, la pluie, l'invention du sauvage : exhibitions.
Ce lieu est entouré d’un superbe jardin créé par Gilles Clément, architecte-paysagiste.
Dans ce musée, un parcours fluide vous permet de découvrir les collections découpées en quatre zones géographiques : Océanie, Asie, Afrique, Amérique. Evidemment rien ne vous oblige à parcourir l'ensemble du musée en une seule visite !

Avant de partir à la découverte des musées parisiens, pourquoi ne pas feuilleter ces quelques livres ?


 
Valérie

vendredi 23 mars 2012

ATTENTION HEROS


"Vous êtes sans doute l'officier le plus indiscipliné,
le plus négligé, et le plus entêté que j'ai connu,
mais vous êtes aussi le plus efficace et le plus courageux !.."
Le Général Crook s'adresse alors au lieutenant Blueberry dans "Le cavalier perdu"


Le western est passé de mode (j'entends d'ici les : "on en a soupé dans les années 70-80, c'est totalement has been") et pourtant impossible de rester indifférent au personnage né en 1963, dans les pages de pilote, sous la plume de Jean-Michel Charlier et Jean Giraud.
Mike Steve Donovan est Lieutenant dans l'armée des Etats-Unis. A peine affecté à Fort Navajo, dans l'Arizona, il se confronte au Commandant Bascom alors prêt à attaquer les indiens pour venger le pillage d'une ferme et l'assassinat de ses occupants. C'est le début de la saga qui plonge le lecteur dans les Etats-Unis des années 1860 à 1880, entre guerre de sécession (voir La jeunesse de Blueberry), conquête de l'ouest, guerres indiennes et construction des grandes voies de chemin de fer. Toute une galerie de personnages odieux ou/et attachants croisent la route du héros : les compagnons, les militaires obtus auxquels Blueberry s'oppose sans relache, les personnages historiques, comme Cochise ou Ulysses Grant, les femmes qui rendent cet homme particulièrement maladroit, les chercheurs d'or, les ouvriers du rail...
En 15 mots : à lire absolument pour les amoureux d'aventure, de grands espaces et de caractères bien trempés. Une belle occasion aussi de se souvenir de Jean Giraud, disparu samedi 10 mars dernier, et plus (re)connu sous le nom de Moebius avec des aventures psychédéliques et futuristes.

 1 ARTISTE, 2 UNIVERS

Sandrine



vendredi 16 mars 2012

Anne Herbauts, la rêveuse...

Anne Herbauts collectionne les théières... enfin non, pas vraiment, il semblerait que ce soit juste pour qu'elles conversent entre elles. Cette jeune femme, née en 1975 aux abords de Bruxelles, est une grande rêveuse qui joue avec les mots et les images pour raconter des histoires... enfin non, pas vraiment là encore: « Je ne raconte pas des histoires, j’écris tout simplement. Je mets des mots et des images pour marquer les blancs qu’il y a entre. C’est là que tout se lie, tout se lit. » Quoi de mieux qu'un album pour y mêler ceux-ci?
Chaque mot est longuement pensé car "Quand je n’ai pas assez de vocabulaire d’images, je dis avec les mots ». Et les livres qu'elle crée sont de petites merveilles de poésie et de délicatesse dont on sort songeur, un brin émerveillé qu'on puisse faire si beau avec parfois si peu. L'album Lundi en est un bel exemple: Lundi attend que mardi s'écoule, puis mercredi... Ses amis Théière et Deux-Mains (Hier et Demain) lui tiennent compagnie. Il regarde les saisons s'égrainer jusqu'à ce qu'Hiver l'engloutisse peu à peu dans son blanc manteau... le grain des pages se fait plus marqué, Lundi s'estompe dans la blancheur du papier... puis renait, comme un nouveau Lundi!
Anne Herbauts a ainsi fait du passage du temps son sujet de prédilection: "Le livre est temps. Le temps est ma matière"
Ce temps qui passe n'empêche pas Mme Avril de profiter de chaque instant pour s'extasier sur les journées qui s'écoulent. Ainsi, les moindres petites choses et bonheurs de l'existence se font source de plaisir mais aussi d'inquiétude: le monde est si vaste, si beau et elle, si petite...


Anne Herbauts découpe, colle, dessine des motifs et préfère "un dessin maladroit que trop poli." Son univers n'appartient qu'à elle et lui a permis de gagner de nombreux prix prestigieux pour ses albums. Evidemment, elle est curieuse et n'hésite pas à tenter d'autres aventures: théâtre, bande-dessinée ou court métrage, tous les moyens narratifs sont bons pour conter ces petits riens qui comptent tant.
Un dernier album, en guise de dessert. Le petit souci est un petit nuage qui vole au dessus de la tête de l'ours Archibald. Il a beau s'énerver, courir, se remplir de miel doux et parfumé, rien n'y fait. Seules les larmes parviendront à le laver de son vilain chagrin.


Maud
Anne Herbauts aux éditions Casterman

mercredi 7 mars 2012

NOM : Jean-Claude Mourlevat / PROFESSION : Raconteur d'histoires !



Ce qu'il y a d'agaçant avec la littérature jeunesse c'est quand elle se fait éducative. Ce qu'il y a d'horripilant c'est quand elle est classifiée par thèmes (les bibliothécaires adorent ça...!): amitié, différence, guerre... Ce qui est formidable avec les histoires de Jean-Claude Mourlevat c'est qu'elles sont inclassables, elles parlent de tout cela à la fois mais ne peuvent être réduites à si peu. Et, suprême plaisir, elles n'apprennent rien, ou plutôt si, le plaisir de l'histoire pour elle même !
Non, non, promis je n'exagère pas, lisez plutôt "Le combat d'Hiver" et "Terrienne", son dernier roman, tous deux publiés chez Gallimard pour les adolescents et au-delà. Ou encore "L'homme à l'oreille coupé", "L'homme qui levait des pierres", dans la collection Petite Poche chez Thierry Magnier, à lire à voix haute aux enfants de 6 ans et +, succès assuré. "La balafre" son premier roman écrit en 1998, et le magnifique "L'enfant océan" pour tous dès 8-10 ans.



"Le meilleur de moi se trouve dans mes livres et c'est dans mes histoires qu'on me rencontrera le mieux". J'adhère totalement à cette petite phrase qui introduit le site du monsieur. Cela ne m'a tout de même pas empêché de me balader sur les différentes pages qui le racontent un peu plus. Je vous laisse prendre le même chemin...!

Et en attendant, quelques mots de l'auteur lorsqu'il n'était pas encore auteur puisqu'il était clown : "Depuis deux siècles que les clowns s'appellent clowns, ils reproduisent à l'infini sous toutes ses formes et de toutes les façons un seul et même numéro : celui de l'homme debout qui tombe.
L'homme debout c'est celui qui cherche à s'éloigner du sol. Le trapéziste et le penseur. Aussi haut qu'il s'élève dans l'espace ou dans l'abstraction, sa parodie n'est jamais loin : le clown veille.
Il dit que la pesanteur existe. Il dit qu'il fait froid et qu'il fait chaud, qu'il a faim ou qu'il est amoureux.
Beby, Porto, Rhum, Grock et leur grand-père Sancho Pança nous consolent de nos illusions perdues.
Ils nous recueillent, déchus, et nous offrent la seule arme qui reste à l'homme assis sur son cul :le rire."
Ces paroles illustrent assez bien, selon moi, la mélancolie souriante et aventurière qui se dégage de ses romans.
Sandrine

jeudi 1 mars 2012

Le jardinage

Après le froid polaire que nous avons connu pendant quinze jours, nous allons pouvoir nous remettre à penser à nos plantations dans notre jardin. Mais avant de planter, biner et bêcher, la bibliothèque peut vous proposer quelques suggestions de lectures pour approfondir vos connaissances en jardinage et,  pour les débutants, des ouvrages faciles pour commencer.

Dans l’ouvrage, Le jardin pour toute la famille de Valérie Garnaud-d’Ersu, vous apprendrez à structurer l’espace de votre jardin puis à jardiner avec vos enfants.

Pour les jardiniers confirmés, Le livre des roses offre un panel et des conseils pour embellir son jardin de ses fleurs merveilleuses.

Si vous voulez faire du jardinage écologique, le livre sur le compost vous permettra d’avoir des légumes, des fruits et des fleurs biologiques.

Du 30 mars au 1er avril 2012, vous pouvez aller découvrir le salon du jardin à Senlis dans l’Oise avec près de 180 exposants, des animations, des conférences gratuites sur le jardinage.
Site : http://salon-du-jardin-a-senlis.fr/salon-2012/

Valérie

vendredi 24 février 2012

Les carnets de route de François Busnel

Je n'apprendrai rien aux amateurs de la grande librairie sur France 5 mais une fois par mois, François Busnel s'évade, et nous avec, à la rencontre des auteurs américains. Croyez moi sur parole, cet instant d'évasion est un enchantement. Commencé en octobre 2011 avec les auteurs new-yorkais, il poursuit son périple à travers les Etast-Unis, d'Est en Ouest, et ponctue sa route d'interviews de Paul Auster, Richard Russo, Louise Erdrich, Russel Banks et bien d'autres encore, nous faisant découvrir l'homme ou la femme derrière l'écrivain, ses combats, son univers...

Carnet de Route de François Busnel - Louise Erdrich

La prochaine émission aura lieu le jeudi 23 février, émission où François Busnel rencontrera Jim Harrison et Craigh Johnson, deux grands auteurs dans la veine du Nature Writing dont je vous avais déjà parlé ici. Amateurs de littérature américaine ou non, je vous conseille vivement ce rendez-vous qui vous donnera sans aucun doute des idées de lectures...
Maud

jeudi 16 février 2012

Le théâtre au présent

Il est, selon moi, un phénomène fabuleux relevant sans aucun doute de la magie et qui tient dans le passage du texte au spectacle. L'exercice est d'autant plus admirable pour le théâtre contemporain. Loin de moi l'idée de dénigrer les "Bourgeois gentilhomme", "Ruy Blas", et autres "Phèdre" mais, leur langue est déjà consacrée et leurs thèmes, reconnus pour leur universalité.


Pour le théâtre contemporain, l'enjeu est tout autre. La langue est rugueuse, violente lorsque Nassim évoque sa vie dans un foyer de la banlieue parisienne suite au décès de sa mère ("La Niaque", Chad Chenouga mise en scène de l'auteur en 2011), elle devient ampoulée et sirupeuse (des alexandrins tout de même) pour ces banquiers venus demander de l'aide aux pouvoirs publics en pleine crise financière ("D'un retournement l'autre", Frédéric Lordon). La forme n'est pas tout a fait théâtrale pour croquer ces ouvriers venus chercher leur médaille du travail et qui, chacun leur tour, racontent cette vie de labeur ("La médaille", Lydie Salvayre adapté en 2010 par Zabou Breitman). L'auteur interpelle le lecteur lorsqu'il s'agit de rendre compréhensible cette Union Européenne foutraque et attachante ("L'européenne", David Lescot mis en scène par l'auteur en 2009), à l'inverse, le lecteur s'introduit par inadvertance dans l'intimité désespérée et décalée des Spotek, dentistes et parents malheureux puisque la guerre leur a arraché leurs filles ("Vers toi Terre promise", Jean-Claude Grumberg, créée par Charles Tordjman en 2008).


Jusqu'ici, la similitude avec le roman est entière mais l'envol est pris avec la mise en scène qui donne toute son ampleur ou au contraire conserve l'intimité du texte. Que faut-il faire en premier, lire le texte ou voir la pièce ? Lire le texte, se construire son spectacle puis en découvrir une autre interprétation ? Voir la pièce et revenir au texte pour comprendre ce qui relevait du texte et l'apport de la mise en scène ?
Et puis, et puis, la présentation publique de l'oeuvre est... publique (en général, on voit la pièce d'abord). Un roman que l'on n'apprécie guère, on le repose discrètement ; une représentation de théâtre est au contraire parcourue des enthousiasmes, déceptions, inquiétudes, rires, larmes... des spectateurs. Et dans le théâtre contemporain, les spectateurs observent la prestation des acteurs, la mise en scène mais découvrent également le texte, l'histoire. L'auteur confronte directement son regard, sa vision du monde avec ceux qui regardent sa pièce.
Le théâtre est un art magique et, au présent, c'est un exercice d'équilibriste magnifique ! (les textes sont disponibles à la bibliothèque)
Sandrine

mercredi 8 février 2012

Rencontre avec la directrice éditoriale de Sarbacane
Emmanuelle Beulque

Emmanuelle Beulque a créé la maison d’édition Sarbacane en 2003 avec Frédéric Lavabre. Elle publie des albums, des romans pour adolescent avec la collection Exprim,  des romans jeunes.
Emmanuelle Beulque est la spécialiste du texte et Frédéric Lavabre s’occupe des illustrations.
Elle est venue mardi 24 janvier 2012 à la rencontre de deux classes de CM1-CM2  pour leur parler de son métier.

A partir du livre La Chose de Béatrice Fontanel, elle a expliqué les différents processus pour la création d’un album : du manuscrit à l’exemplaire vendu au libraire.

Sarbacane est un éditeur qui publie essentiellement des albums et nous avons la chance d'avoir quelques perles à votre disposition.
Marlène Baleine de Cali Davide traite de la différence, de la confiance en soi, du regard des autres. Marlène est une petite fille qui subit les moqueries de ses camarades car elle est un peu ronde mais grâce aux paroles bienveillantes d’un adulte, elle va changer son regard sur elle-même et par ricochet, celui des autres va évoluer. Un superbe album à lire absolument.
Ceux que lisent les animaux avant de dormir de Noé Carlain  est un album humoristique avec des jeux de mots ; par exemple « Le kangourou n’aime que les livres de poche », « les paresseux ne lisent que des pages blanches ». Un album pour tous les âges, où texte et image se répondent avec intelligence.

Sarbacane édite aussi des mini-romans pour les jeunes entre 9 et 12 ans qui traite de sujets comme le mensonge, les relations parents-enfants, l’amour.
Vendeur de rêves raconte l’histoire d’un collégien qui se croit obligé de mentir sur le métier de son père car il est au chômage. Quand son professeur lui demande de l’inviter pour parler à la classe de ce métier imaginaire, Marcus est coincé. Il va devoir trouver une solution pour se sortir de cette situation épineuse. En peu de pages, l’auteur arrive à traiter de ce sujet avec réalisme mais aussi avec tendresse pour ce jeune homme qui se sent perdu face à son père qu’il ne reconnaît plus. Un livre à découvrir.

 Valérie

vendredi 3 février 2012

Quand le peintre se fait personnage de roman…

La peinture dans le roman… voilà un thème fréquemment exploité dans la littérature. De tout temps, écrivains et artistes peintres se sont fréquentés, naviguant dans les mêmes cercles, partageant les mêmes révoltes. Mise en valeur des œuvres, du talent des artistes, nombreux sont les romans historiques qui ont pris pour sujet de grands peintres et leur entourage, réel ou imaginaire.
La jeune fille à la perle de Tracy Chevalier (Vermeer), L'enfant de Bruges de Robert Sinoué (Jan Van Eyck), Sundborn ou les jours de lumière de Philippe Delerm (Carl Larson) ou encore les romans de Sophie Chauveau sur Lippi ou Botticelli… tous témoignent d’une grande admiration pour le génie créateur et leurs dépositaires.



Néanmoins, avant d’être de grands noms de la peinture, souvenons-nous qu’ils ont été des êtres humains en proie au doute, à la soif de reconnaissance, au besoin viscérale de créer sous peine de s’éteindre à petit feu. Créer pour exister, exister pour créer… quitte à n’être reconnu qu’une fois disparu.
Certains romanciers, sans doute comme un écho à leurs affres propres, se sont penchés sur ce que peut être le parcours d’un artiste, de son besoin de s’exprimer par l’image, parfois même avant que les mots ne surgissent, aux doutes quand la reconnaissance tarde à venir ou même encore lorsque amour et enfants deviennent obstacles à la pensée et à l’acte créateur.
Parmi, donc, la liste sans fin des œuvres dont le sujet central est la peinture, je m’attarderai sur 3 d’entre elles.


Karitas sans titre et Chaos sur le Toile de Kristin Marja Baldursdottir : 2 romans pour couvrir toute une vie, celle de Karitas, née au début du 20e siècle en Islande dans une famille de 6 enfants. Son don pour le dessin la conduira à faire des études d’art à Copenhague mais la vie et ses contingences se rappelleront à elle à son retour, sous les traits de Sigmar, le beau marin dont le regard clair ne cessera de la faire vibrer alors qu’elle rêverait de ne se consacrer qu’à l’art.
Saison de lumière de Francesca Kay : là encore,  biographie imaginaire d’une femme peintre, écrite par un poète. Jennet est née en Angleterre. Entourée de parents malheureux, elle va vite révéler un talent certain pour la peinture, talent qu’elle rêve d’exprimer en allant faire des études d’art à Londres. Là aussi, un homme va l’en détourner. David, peintre talentueux, trop porté sur l’alcool qui ne supportera pas de voir sa femme, la mère de ses enfants lui voler la vedette par son talent et sa patience.
Enfin Tout ce que j’aimais de Siri Hustvedt : deux hommes, Léo, enseignant et critique d’art, et Bill, artiste prometteur, vont se lier d’amitié et évoluer dans le New-York des années 70. Vie de couple, enfant, bonheurs et drames vont être partagés par les deux hommes. L’artiste n’est pas au centre du roman mais reste un magnifique témoignage d’une époque et du vent de liberté qui a soufflé sur le monde artistique après mai 68.
Maud