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mercredi 18 mai 2016

L'univers Manga

 
Vous avez certainement tous déjà entendu au moins une fois le mot « manga ». Même si vous l’avez surement plutôt entendu dans la bouche d’une petite tête blonde, il faut savoir que cette forme de BD japonaise s’adresse à tous. Un petit éclairage sur ce qu’est le manga s’impose !

Les débuts du manga en France
L’apparition du manga en France est liée à la diffusion dans les années 80-90 de séries cultes telles que Albator, Candy ou Goldorak.
Aujourd’hui, la France est le second marché mondial du manga derrière le Japon.

Un peu d’histoire…
Le mot « manga » est formé de deux idéogrammes : « man » et « ga » qui signifient, respectivement, « léger » et « image ». Ce mot aurait été inventé par Hokusai Katsushika (https://fr.wikipedia.org/wiki/Hokusai), célèbre peintre d’estampes,  au 19ème siècle.

La Grande Vague de Kanagawa (1831) est la première des 46 estampes composant les Trente-six vues du mont Fuji, l'une des œuvres majeures d'Hokusai.
Aujourd’hui, ce terme désigne la bande dessinée japonaise. Un manga est généralement d’un format équivalent à un livre poche ou semi-poche. Il contient environ 200 pages en noir et blanc.  Le premier magazine japonais de manga pour jeunes, « Shonon Club » apparait en 1914, il s’agit des premières séries d’aventures. Pendant la seconde guerre mondiale, le manga va servir d’effort de guerre et être utilisé comme arme de propagande. Mais après la guerre, le manga va connaître un nouvel essor et voir l’arrivée d’un mangaka qui va révolutionner le genre, Osamu Tezuka.
A la fin des années 50, vont paraitre des récits plus adultes avec des sujets sociaux, politiques, des réflexions sur la guerre… Enfin, dans la seconde moitié du 20ème siècle, deux courants majeurs vont émerger, le shônen et le shôjo.

Le manga, des genres différents

Le genre Shônen
Il désigne les mangas destinés aux jeunes garçons avant l’adolescence. Les histoires sont souvent riches en action et pleines d’humour, les univers sont diversifiés : médiéval fantastique, contemporain, futuriste, sportif,…
       

Le genre Shôjo
Il désigne les mangas destinés aux jeunes filles avant l’adolescence, le thème de prédilection étant les histoires romantiques. Elles peuvent se dérouler à notre époque au Japon, dans un lycée ou en France au 18ème siècle. Les graphismes sont doux, les héroïnes ont souvent de grands yeux.
  

Le genre Seinen
Ce genre, auparavant destiné au jeune homme adulte s’adresse à présent plus généralement au lectorat adulte.

Les mangas peuvent aussi être des romans graphiques
Dans la production japonaise, on trouve aussi des titres plus proches des BD européennes, des romans graphiques dans lesquels les auteurs proposent des histoires plus personnelles, plus intimistes ou autobiographiques. Le plus connu dans ce domaine est surement Jirô Taniguchi.

Alors, envie de vous y mettre ? Vous pourriez essayer Emma, A silent voice, Une sacré mamie, et tous les autres…

Bonne lecture !
Karine

mardi 14 octobre 2014

Dans la famille femmes écrivains au Japon, je demande « La discrète » : Yoko Ogawa (2/3)

« Le monde est rempli de morts qui parlent de ces voix qui n’ont pu être entendues. (…) J’écris pour les faire entendre. »* Voici comment Yoko Ogawa se définit car pour elle, l’écriture est un passage vers le Royaume des morts et l’objet d’un dialogue avec les défunts.

Ceci explique sans doute l’étrangeté de ses romans, ou de ses nouvelles, servis par une écriture faussement simple, limpide et d’une grande poésie, merveilleusement traduite par Rose-Marie Fayolle chez Actes Sud.
Yoko Ogawa, née en 1962, revendique la discrétion de sa vie, somme toute banale : un mari, un fils, le tricot et l’écriture comme une évidence. Ses personnages, elle les suit dans leurs cheminements intérieurs ou extérieurs, héros invisibles, obsédés par le passé et le classement contre la disparition et l’oubli. Elle se dit aussi télépathe  et ses « romans ne décrivent que des choses dont je n’ai pas pu faire l’expérience. Ils racontent mes voyages dans l’univers mental des autres. »*
Petits oiseaux, son dernier roman, est empreint de ses thèmes de prédilection. Le personnage central, l’homme aux petits oiseaux, est le seul à comprendre son frère qui, à 11 ans, s’est mis à ne parler que le Paw paw, la langue des oiseaux. Pour ce grand frère si paisible, capable de rester des heures devant la volière du jardin d’enfant, les oiseaux parlent le langage de l’amour et seuls les plus attentifs peuvent l’entendre. Et le jeune frère se fera le gardien des trésors de l’ainé, une fois ce dernier disparu.

Les animaux, comme ici, sont omniprésents dans l’œuvre de Yoko Ogawa, à l’instar de celle de Haruki Murakami qu’elle considère comme son maître. Chat, éléphant, oiseaux, hippopotame, toutes ces créatures sont douées de raison et peuvent communiquer avec qui veut bien les écouter.
Pour les curieux, émoustillés par ce modeste article, France culture a mis en scène certaines de ses nouvelles en fiction radiophonique. Et pour ceux qui souhaiteraient en savoir un peu plus sur sa vie et son œuvre, je vous conseille vivement deux sites passionnants pour les amateurs de littérature japonaise:
http://www.lalitteraturejaponaise.com/ogawa-yoko/
http://www.plathey.net/livres/japon/ogawa.html
Maud
* Télérama 3303 du 01/05/2013