vendredi 20 juin 2014

Jeremie Almanza

Qui n’a jamais eu peur du noir lorsqu’il était enfant ? Ou n’a pas osé se lever la nuit de peur que le monstre « desouslelit » ne vous croque un ou deux doigts de pied ?
Jeremie Almanza a sans doute affronté toutes ces grandes aventures enfantines pour être aussi inspiré ! Dessinateur de bandes dessinées depuis 5 ou 6 ans, il n’en a pas le classique profil.
Après plusieurs années d’études en économie, il s’est fait repérer sur le fameux forum pour illustrateurs en herbe (plus ou moins haute) Café Salé où il postait régulièrement ses jolis croquis.


Séverine Gauthier, scénariste, a adoré son univers et lui a proposé un projet pour Delcourt qui a débouché sur Aristide broie du noir, BD en vers et en rimes pour enfants angoissés mais courageux !



L’univers d’Almanza est, comme il le rappelle souvent en interview, fortement influencé par celui des réalisateurs Caro et Jeunet pour les monochromes brun, vert ou rose orangé et leur côté loufoque. A moi, il me rappellerait plutôt le Tim Burton des Noces funèbres ou de l’étrange Noël de Mister Jack avec ses personnages aux grands yeux hallucinés, sa poésie gothique et son goût pour les monstres et doudous étranges.



Dans Eco, série en 3 volumes, le scénariste Guillaume Bianco lui a fait du sur mesure pour que Jérémie Almanza puisse utiliser toute la palette de son imaginaire. Ainsi est née l’adorable Eco, fille unique de couturiers, délaissée par ses parents et qui les conduira à la ruine et à la folie pour avoir été trop généreuse avec un petit garçon et son ancêtre affamés. Accompagnée par 4 doudous nommés Socrate, Diogène, Esope et Epictète, Eco tente de survivre dans ce lieu où l’amour n’a pas sa place; jusqu’au jour où, pour enrayer la malédiction dont elle se croit victime, elle entame une longue quête à travers le pays...



Ce conte pour grands enfants est une petite merveille d’imagination qui donne des étoiles dans les yeux... et l’envie de piquer les adorables doudous d’Eco !
Bref, Monsieur Almenza, continuez à me faire rêver!... siouplaît !
Maud

vendredi 13 juin 2014

Yaël Hassan

J'ai eu la chance de rencontrer cet écrivain dans une librairie à Chartres. J'ai été fascinée par son charisme, sa simplicité et sa gentillesse. Elle nous a parlé de son métier évidemment mais aussi de sa vie qui a été riche. Yaël Hassan n'a pas commencé tôt l'écriture, ce sont les circonstances de la vie qui l'ont poussée à écrire. 
En 1994, elle a eu un accident de voiture qui l'a clouée au lit pendant plusieurs mois. Suite à cet événement, elle a écrit "Un grand-père tombé du ciel". Ce roman raconte l'histoire de Léah qui se découvre un grand-père à l'âge de dix ans car il a décidé de venir vivre à Paris auprès de la famille qui lui reste. Mais apprivoiser ce grand-père ne va pas être facile pour la petite fille.
Durant cette rencontre, Yaël Hassan nous a expliqué qu'elle écrivait cinq romans en parallèle et que chaque matin, elle décidait lequel elle allait poursuivre. Incroyable n'est-ce pas ? Je n' ai entendu aucun autre écrivain travailler de cette façon.
En plus d'écrire des romans elle fait aussi des documentaires.  Le thème de l'Occupation et des Juifs est un sujet important pour cet auteur. Elle a donc publié en 2000, "A Paris sous l'Occupation". On suit l'histoire de deux enfants : Julien et Clara. Clara est née en France de parents d'origine polonaise juive et va devoir porter l'étoile jaune à partir de 1942 et son quotidien va être encore bouleversé par les nouvelles lois prises par le gouvernement de Vichy. En complément de cette histoire poignante, l'auteur nous donne des informations historiques sur la deuxième guerre mondiale. Ce documentaire est sérieux mais le fait de voir l'histoire par les yeux des enfants allège un peu le propos. On retrouve toute la sensibilité et l'humanité de Yaël Hassan. 
Ainsi cette période de l'histoire la touche particulièrement mais elle aborde aussi des thèmes comme le handicap. "De l'autre côté du mur" est le récit de Louise en colère contre le monde entier suite à un accident d'équitation qui l'a clouée dans un fauteuil roulant. Mais plusieurs rencontres décisives vont lui ouvrir à nouveau des perspectives d'avenir. 
Mais, j'ai eu envie de vous présenter cet auteur car un de ses derniers livres est une petite merveille :"La fille qui n'aimait pas les fins" qu'elle a écrit avec Matthieu Radenac. Maya est une dévoreuse de livres. Sa mère ne veut plus lui en acheter et l’oblige à s’inscrire à la bibliothèque. Tout d’abord réticente, elle va accepter cet état de fait, d’autant qu’elle va y faire une rencontre décisive pour elle. Manuelo est un vieux monsieur mystérieux et avec qui elle a beaucoup d’affinités. Leurs échanges réguliers va mener Maya à découvrir les secrets de son nouvel ami. J’ai adoré ce roman qui est très bien écrit. Les auteurs nous offrent une belle partition à quatre mains. Les personnages sont étoffés, le récit est très cohérent et la fin est vraiment très sympa.
Et pour terminer, je vous signale que Yaël Hassan a aussi écrit un témoignage sur son adolescence dans la collection Confessions chez La Martinière jeunesse. Cette collection permet à des auteurs variés de parler de leur jeunesse avec lucidité et sincérité. Et aussi un documentaire sur la civilité.



Et en écrivant ce texte, je réalise que ce vendredi 6 juin, en Normandie, les commémorations vont être célébrées avec tous les honneurs que méritent les anciens combattants.




Bonne lecture

Valérie

vendredi 6 juin 2014

Gustav Klimt : troisième partie.

3)               La période dorée : 1903 à 1909

C’est cette période qui, par la suite, restera dans les mémoires du public, quand on évoque la peinture de Klimt : des toiles claires, brillantes où les personnages sont peints dans des postures très originales, et sont entourés de volutes multicolores, sur des toiles de grand format.
Tout comme avant de changer de période et de passer dans la Sécession, Klimt a connu un changement assez singulier d’esthétique avant de passer réellement dans la période dite dorée.
Les premières prémices de ce changement se voient dans la toile nommée Judith et Holopherne qui date de 1901.

 On voit sur cette toile une femme, qui est à la fois très belle mais aussi très sûre d’elle, très inquiétante et très sensuelle. Elle met le menton en avant, d’un signe de défi, elle a les yeux presque clos, en signe de sensualité. On peut voir ses seins, dont un entièrement dénudé. L’œil du spectateur est frappé par les éléments dorés du tableau, dont le cadre où le titre est inscrit. Il faut suivre le bras droit de la femme pour trouver la tête de sa victime, Holopherne, qu’elle a elle-même décapité, selon la légende. Klimt n’a pas représenté la décapitation elle-même mais plutôt la satisfaction de Judith après qu’elle a décapité Holopherne. Le tableau ne porte donc aucune trace de sang. Tout l’accent est mis sur la femme, et sur l’idée qu’en a Klimt : une créature à la fois belle et inquiétante, sensuelle et froide. Le tour de cou doré de Judith donne aussi l’impression que sa tête est détachée de son corps : de là à y voir un rappel de la décapitation…


Mais l’œuvre qui marque cette transition de façon encore plus poussée et dont j'ai parlé dans le précédent article s’appelle la Frise Beethoven, en 1902. Elle a des dimensions dantesques : 2.16 m de haut et 29.95 m de long. Par conséquent, je ne mettrai que certains détails de la frise en photos.
Elle a été construite, plus que peinte, puisqu’elle fait appel à des matériaux différents tels que le plâtre, la nacre, les roseaux, l’or, les pierres semi précieuses.
Cette frise cherche à exprimer en images la Neuvième Symphonie de Beethoven, et s’inscrit dans un travail plus large, puisque ses amis de l’atelier vont monter une exposition qui tourne autour d’une statue du compositeur faite par Klinger. Pour cela, Klimt s’inspire d’un article écrit par Richard Wagner, qui a mis des mots sur cette symphonie. Ces mots racontent une histoire, et c’est cette histoire que Klimt met en images dans sa frise.
Le sujet de la frise est simple et tourne autour du fait que l’Homme recherche le bonheur. La frise met en scène un personnage : dans le détail 1, on voit un homme qui, vêtu comme un chevalier, dans une armure entièrement dorée représente l’humanité qui part à la quête du bonheur. Il est poussé par le Destin, et semble choisi pas les dieux (les deux personnages au-dessus de sa tête).
Cet homme va devoir traverser et vaincre de nombreux dangers pour arriver au salut de l’Homme. C’est ce que l’on peut voir dans le détail 3, avec le monstre en forme de singe, les femmes rousses et très sensuelles qui représentent la luxure et la présence de serpents qui évoquent le mal.
Or dans la frise, on voit que l’homme arrive à vaincre ces obstacles, aidé en cela de la personne que l’on voit sur le détail 2 : la Poésie, reconnaissable grâce à sa lyre. Elle est là pour le guider à travers les épreuves. Enfin, quand le chevalier a passé toutes les épreuves, il peut rencontrer l’amour et sceller cet amour dans une étreinte passionnée, dans un baiser qui signe la victoire de l’Humanité sur le mal (détail 4).
Le problème est que l’œuvre est surchargée d’allégories que le public n’a pas comprises, et l’absence de perspective a troublé grandement les spectateurs qui ont rejeté en bloc l’exposition sur Beethoven.

1905 : Les trois âges de la femme
Voici la toile qui exprime un thème régulier de l’œuvre de Klimt : une enfant, une femme jeune, et une femme vieille, avec toutes les questions sur l’impossibilité d’échapper à la vieillesse et à la mort.
  






1907-08 : Danaé
  On retrouve un thème mythologique, qui nous renvoie à ses débuts. C’est un épisode de la mythologie grecque, très sensuel puisqu’on voit Danaé qui reçoit la pluie de pièces d’or de Zeus entre ses cuisses. La pose est très érotique, on voit un sein, on voit la jeune femme d’un angle très peu banal, puisqu’on voit sa cuisse relevée au premier plan du tableau. La pluie de pièce est dorée, les cheveux de Danaé sont roux, d’un roux flamboyant qui représente la sensualité et l’érotisme. Ici Klimt brise un des tabous de l’époque : la représentation de la jouissance sexuelle de la femme.

1907-08 : Le Baiser
  Ce tableau est considéré comme le chef d’œuvre de Klimt, et c’est celui que tout le monde a à l’esprit quand on parle de lui. C’est cette toile qui symbolise la période dorée. Le format de cette toile est carré, on a un couple enlacé, dans  une étreinte qui semble à première vue être de l’amour. L’homme prend possession de la femme en prenant son visage fermement entre ses mains. La femme a une posture figée, ses mains sont crispées, et son visage est inexpressif. Ses orteils sont crispés au bord de ce qui semble être un précipice.
De ce tableau se dégage une atmosphère inquiétante, où la vision de l’amour est atténuée par une vision plus angoissante, qui dit au spectateur que tout peut finir précipitamment, que la mort est toujours associée à l’amour.
Voilà pour la période dite dorée de notre cher Gustav ! 
Il nous restera encore une dernière période à décortiquer ensemble, sa période Fauve ! "Roooaaoooaoaoaoaoarr", me direz-vous ! Ah non, pas ce fauve-là ! 
Quels blagueurs vous faites ! A bientôt ! 
Bérengère.

vendredi 23 mai 2014

Le Brésil et le football

Le compte à rebours a commencé. La coupe du monde de football au Brésil va débuter le 12 juin soit dans moins de 30 jours. Le Brésil est un pays gigantesque et il a la réputation d'être le pays qui aime le plus le football. Pourtant, le sport numéro 1 là-bas est le volley-ball et le beach volley.

Alors pourquoi cet engouement pour le football ? Et pourquoi nous associons toujours le Brésil avec ce sport ? Le football est né en Angleterre au 19e siècle d'une scission avec le rugby. Les premiers clubs sont créés à Londres en 1863 et le football va vite y devenir professionnel. En 1870, ce sport arrive au Brésil avec les marins anglais. Il reste longtemps amateur puis en 1933, il se professionnalise et l'engouement pour ce sport va se développer. 
Ainsi la culture du ballon rond s'est propagée progressivement au XXe siècle à travers le pays en même temps que la construction d'une idendité brésilienne. Les intellectuels brésiliens ont fait un rapprochement entre les danses traditionnelles du pays et la façon de jouer des footballeurs. Dans les années 1940, un style brésilien s'affirme, le "foot samba" avec une maîtrise du ballon qui prend racine dans la danse. 
A partir de ce moment là, des infrastructures vont être construites comme le stade Maracana à Rio de Janeiro de 1948 à 1950. En 1950, le Brésil va accueillir la coupe du monde que les joueurs vont perdre contre l'Uruguay. Mais ils la remporteront en 1958 et encore trois fois, la dernière en 2002.
La diffusion des matchs à la radio dès 1938 va renforcer l'ancrage de ce sport dans le pays. Les journalistes sportifs vont aussi aider à populariser le football. 
Dans l'équipe de 1958, un joueur va briller, c'est le jeune Pelé, 17 ans, et un talent en or. 


 Suite à cette victoire, le pays rentre dans une phase de modernisation et d'industrialisation qui va durer jusqu'à la coupe du monde de 1970 où l'équipe brésilienne gagnera tous ses matchs jusqu'à la finale. Les années 80 vont être plus difficiles car ses meilleurs joueurs vont partir à l'étranger et le niveau national va chuter. Mais en 1994, ils vont remporter une quatrième coupe grâce notamment à Romario et Bebeto.


Aujourd'hui, en 2014, ils organisent la coupe du monde et leur ambition est évidemment de la gagner. Pour le moment, ils continuent à travailler dans les stades qui ne sont pas terminés. Il leur en reste quatre à finir d'ici l'ouverture du Mondial mais la plupart des Brésiliens sont optimistes et croient que tout sera prêt le jour J. 
Et si le football vous laisse de marbre mais que les voyages vous inspirent vous pouvez découvrir ce pays grâce à quelques documents que nous possédons.


Bon voyage.
Valérie

samedi 17 mai 2014

Les livres lus ou comment s’en mettre plein les oreilles !

Comme je vous en parlais dans mon post précédent, les beaux jours arrivent et c’est le moment de se confectionner des petits bidules uniques et préférés. Mais pourquoi ne pas en profiter aussi pour, en même temps, lire un roman ? Heu… certains vont me rétorquer, et à juste raison, « comment je fais, moi, pour tenir un livre tout en cousant et en faisant du Ukulélé ? » (rayez la mention inutile, bien sûr)
Ce à quoi je leur répondrai : « ben, t’es pas obligé de le lire, tu peux l’écouter ! » Silence général soudain… Car oui, chers lecteurs, roulement de tambour et de cymbales: à la bibliothèque, vous pouvez maintenant emprunter des livres lus !
C’est’y pas formidable ! Grâce à Sandrine qui est parvenue à pousser les murs, enfin les CDs, nous avons maintenant la possibilité de vous proposer quelques romans, polars ou classiques à écouter en faisant la cuisine, du bricolage, du jardinage… enfin bref, tout autre chose.
Évidemment, la collection débute aussi est-elle modeste mais les suggestions sont les bienvenues !




En attendant qu’elle s’étoffe, je me permets de souligner une initiative de férus de littérature, sur le blog « littérature audio » où vous pourrez télécharger et écouter des classiques (car libre de droits) en littérature, histoire, philosophie, etc…
Bonne et joyeuse écoute à tous !

Maud

PS : Autre association dont je ne peux que louer l’entreprise : la bibliothèque sonore de Rambouillet, affiliée à l’Association des donneurs de voix.  Les livres sonores, lus par des bénévoles et enregistrés sous forme de CD mp3, sont prêtés gratuitement à toute personne n’ayant pas une vision suffisante pour lire ou qu’un handicap moteur empêche de tenir un livre. Ils sont livrés à domicile et retournent à la bibliothèque gratuitement, par la poste.

vendredi 9 mai 2014

Sergueï PROKOFIEV




Pourquoi est-ce que je vous parle de cet homme ? Eh bien, parce que je viens de lire une biographie romancée sur ce personnage extrêmement fascinant, et j’ai adoré ! C’est Dans la gueule du loup d’Olivier BELLAMY, chez Buchet-Chastel.



L’histoire commence à Paris en 1932. Avec sa femme Lina et leurs deux enfants, Prokofiev est en exil dans la capitale française. Leur vie est assez sereine cependant : il reçoit des journalistes et compose beaucoup, tandis que son épouse éconduit doucement les voisins qui se plaignent du bruit que fait le piano à queue à 3 heures du matin...
N’ayant peur de rien, Prokofiev croit pouvoir conserver sa liberté de composer, même face à l’ogre Staline, et décide de retourner avec sa famille en URSS...dans la gueule du loup.
J’ai été transportée par ce texte qui nous plonge dans l’intimité du compositeur, et nous donne une image de lui que je ne connaissais pas, celle d’un homme sinistre, persuadé d’être le plus grand génie de la musique, après Mozart. Un homme qui ne recule devant rien pour assouvir sa soif d’écriture, même à ignorer totalement sa famille. J’ai été bouleversée par ce livre, que je vous recommande !

Du coup, j’ai eu envie de vous parler de cet homme et de sa musique, que j’adore !

Né en 1891 et mort en 1953, Prokofiev est un compositeur russe qui a laissé derrière lui une multitude de morceaux d’anthologie. Il était également très bon pianiste. Dès son plus jeune âge, il compose des œuvres musicales, aidé par sa mère, pianiste amateur, qui vit très tôt les talents exceptionnels de son enfant. Elle lui fait prendre des cours de composition et de piano à Moscou. A 13 ans, il entre au Conservatoire de Saint-Pétersbourg. Durant ces années d’apprentissage, il apparaît comme un enfant particulier : imbu de lui-même, convaincu de sa supériorité par rapport aux autres élèves et même par rapport à ses professeurs, il montre un caractère totalement anticonformiste.
Il développe un style résolument avant-gardiste, et dès 1912 fait jouer à Moscou son premier Concerto pour piano, qui recueille un fantastique succès.
Fier d’un tel engouement à son égard, Prokofiev décide de partir à la conquête de l’Europe. Entre 1915 et 1917, sillonnant les grandes villes européennes (Londres, Paris), il est boulimique de composition, écrivant plusieurs œuvres en même temps, dont la fameuse Symphonie classique.

 

En 1918, il revient à Petrograd pour y faire jouer cette dernière, mais le pays est sur le point de rentrer en guerre et la censure est implacable. Il choisit alors l’exil.
Après un séjour aux Etats-Unis, il revient en Europe en 1921. Il continue à composer de façon frénétique, avec plus ou moins de succès, mais, dès 1927, il se languit de son pays et songe à y retourner.
En 1933, il revient au pays. Prokofiev est un homme qui a provoqué de terribles débats en URSS. Son style a été décrypté sous toutes les coutures, certains l’accusant d’être trop bourgeois, trop obscur, pas assez communiste. Cependant, il organise des tournées qui remportent un franc succès, et en 1936, il s’installe de façon permanente à Moscou.
En 1935, il compose le ballet Roméo et Juliette, puis, en 1936, une autre œuvre extrêmement célèbre du Russe, Pierre et le Loup. Cette dernière est très intéressante puisqu’elle a pour but de familiariser les enfants avec les instruments et la musique classique.

Je vous laisse apprécier la Danse des Chevaliers, dans Roméo et Juliette.
Dans cette vidéo, vous pouvez voir l'intégralité du ballet, grâce aux archives de l'Institut Européen de la Musique.
(chorégraphie de Rudolf Nureyev).

Tout devrait aller bien pour lui, mais le régime de Staline est sévère : les bureaucrates qui gèrent la production culturelle du pays le censurent systématiquement, ce qui a pour conséquence de le jeter dans une grande pauvreté.
C’est là qu’il va se lancer dans la musique de films, grâce à la sollicitation de Sergueï Eisenstein, en 1938, sur son film Alexandre Nevski.
En 1940, il entame une liaison avec la poétesse Mira Mendelssohn, qui deviendra sa seconde épouse. Elle est d’abord sa secrétaire et sa librettiste.
En 1941, les Allemands envahissent l’URSS. Prokofiev quitte alors sa première épouse et ses deux enfants pour s’enfuir dans le Caucase avec Mira. Ce sont tout de même des années prolifiques pour le Russe qui compose : Guerre et Paix (opéra), Cendrillon (ballet), et la Cinquième Symphonie.
En 1948, remarié à Mira, il essuie une nouvelle fois les critiques du Parti, et doit composer des œuvres sans intérêt, pour essayer de se faire bien voir. C’est un échec qui le fait retomber dans la misère. Heureusement, son ami Mstislav Rostropovitch va l’aider à récolter un peu d’argent pour vivre.

Le 5 mars 1953, Prokofiev, déjà d’une santé cardiaque fragile, meurt d’une hémorragie cérébrale, le même jour que Staline. Les journaux, qui ne souhaitaient se consacrer qu’au décès du Petit Père des Peuples, ne mentionnèrent le décès du compositeur que 6 jours après sa mort effective.
La légende veut que Prokofiev, ayant entendu à la radio l’annonce de la mort de Staline, aurait poussé un cri de joie qui s’est révélé être son dernier souffle. 
Nous avons dans nos collections quelques unes des œuvres de ce compositeur génial :

 

Bonne écoute à tous !
Bérengère.

mercredi 7 mai 2014

Kilian JORNET, « L’Ultra-terrestre du Trail* »

     
« Je suis un amoureux de la montagne. J’aime la compétition pour les amitiés qu’elle procure et parce que l’on se dépasse soi-même. Mais pour moi le sport est avant tout un moyen de découvrir des paysages intérieurs et extérieurs. J’apprécie le silence et la solitude…. »

 Kilian JORNET est né le  27 octobre 1987 en Catalogne. Il a grandit dans un refuge de montagne à 2000 m d’altitude.  Dès tout petits, Kilian a pratiqué les sports de montagne avec sa famille : « L’hiver pour aller à l’école avec ma sœur, on faisait 15 km en ski de fond… »
A 13 ans, il intègre le Centre Technique du Ski de Montagne et commence à participer à des compétitions plus sérieusement. C’est à se moment là qu’il découvre la course. Et ce qui était au départ qu’une façon de s’entrainer l’été pour ne pas perdre le rythme, va devenir une passion…
A 20 ans, il gagne l'Ultra-Trail du Mont-Blanc* (2008) en 20h pour 170 KM et bat le record Mondial.
En 2009 il attaque la KILIAN QUEST, qui va le conduire  à affronter des défis sur longues distances et à participer à des compétitions autour du monde.

Vous pouvez retrouver la Kilian's Quest dans cette vidéo !
  • 2009 : La Tahoe Rim Trail : (265.5km : 28 h de course, 1h de sommeil)
  • 2010 : La Transpirenaica: (800km en 8 jours, Mythique traversée des Pyrénées, d'est en ouest) 
  • 2010. Record de vitesse au Kilimandjaro : (le toit de l'Afrique (5900m): 37km en 5h23)




  • 2011. 4 fois champion du monde de ski alpinisme et trail running

    • 2013. Projet Summits of my Life, Un rêve accompli: les records de vitesse au Cervin et au Mont Blanc


      Et pour ceux qui voudrait en savoir plus, la bibliothèque met à votre         disposition le premier livre écrit par Kilian JORNET : « COURIR OU MOURIR »
       C’est un journal de bord où il nous parle de sa philosophie de vie et nous livre ses pensées lorsqu’il court …







    Mais aussi ........
                           

    Quelques définitions…..
    *TRAIL (course à pieds) :Le trail ou la course nature est un sport de course à pied en milieu naturel, généralement sur des chemins de terre et des sentiers de randonnée, en plaine, en forêt ou en montagne.(source wikipedia)
    *UTMB : L'Ultra-Trail du Mont-Blanc est un évènement composé de quatre ultra-trails (course à pied) en pleine nature et de très longue durée, qui traverse trois pays (France / Italie / Suisse), trois grandes régions alpines (Rhône-Alpes, la Vallée d'Aoste, le Valais) et quinze communes françaises, italiennes et suisses du pays du Mont-Blanc. Il emprunte principalement le sentier de grande randonnée tour du Mont-Blanc. Les coureurs  doivent parcourir les 168 km sans étape pour 9 600 m de dénivelé positif en moins de 46 heures. (source wikipedia)

    Sandrine & Valérie

    vendredi 18 avril 2014

    Couture et falbala…

    Depuis quelques années, il est de bon ton de customiser, coudre, broder, tricoter… tout ça pour avoir THE pièce pour sa garde robe, petit accessoire ou robe d’été fait main. Bref, le petit détail qui n’appartiendra qu’à vous et à personne d’autre !
    Les Japonais ont particulièrement cerné cette tendance et se sont mis à publier plein de jolis ouvrages remplis de jolis modèles simples, originaux, expliqués avec soin et mis en valeur par de jolies photos. Plein de « jolis » donc qui donnent envie d’avoir la même tenue que la dame-là, celle qui est à la page 10 dans le décor champêtre !




     Pour les fans inconditionnels des tenues simples à la japonaise, un blog s’est créé autour de couturières accrocs et qui vaut le coup d’œil pour glaner des idées…

    Evidemment, la silhouette japonaise ne convient pas à tout le monde et si vous êtes plutôt enclines aux courbes affolantes, mesdames, vous n’êtes pas oubliées !



    Il est d’ailleurs  intéressant de comparer le titre de cet ouvrage en français avec celui de la version américaine…


    Soit « La couture pour les vraies femmes », sous-entendu… z’avez fini de nous présenter des modèles maigrichons qui n’existent même pas sans photoshop !!!!!!
    Hum... mais trêve de polémique car pour celles qui seraient plus attachées à leur crochet qu’à leur aiguille, un petit nouveau s’est glissé sur les étagères de la bibliothèque :


    A vous donc le sac de plage, le petit panier unique et préféré que toutes les copines vont rêver de vous chiper !
    Bref, à vos fils, pelotes et falbala !
    Maud
    P.S. : nous avons aussi des livres de modèles enfants mais il est bon de ne penser qu’à soi de temps en temps...

    vendredi 11 avril 2014

    Benjamin Chaud

    Benjamin Chaud est un jeune auteur, illustrateur jeunesse, né en 1975 dans les Hautes Alpes. Il a fait ses études d'arts appliqués à Paris et à Strasbourg. 
    Il a publié son premier livre en 2000 et depuis soit il travaille seul, soit il travaille en collaboration avec des auteurs et notamment Ramona Bàdescu avec qui il a inventé et illustré l'éléphant Pomelo. Cette aventure à deux se poursuit depuis maintenant 12 ans.


    Pomelo est un petit éléphant avec une trompe géante à qui il arrive de nombreuses aventures. Dans"Pomelo voyage", il va partir à l'aventure dans une maison, va se retrouver dans une cagette de pommes et va rencontrer le monde des Pataties. Ramono Bàdescu et Benjamin Chaud nous emmènent dans un monde à la fois réel et absurde. Les illustrations sont chaudes, colorées et remplies de douceur.Pomelo est vraiment un petit éléphant attachant. 
    Benjamin Chaud est un illustrateur qui aime la couleur. Ainsi dans le livre-disque "Tralali, la musique des Petits bruits", on retrouve des animaux aux formes simples, aux teintes chaudes avec des grands yeux comme Pomelo. Ce graphisme est destiné aux petits. 


    Cet auteur invente des albums où il écrit le texte. Son souhait est de parvenir un jour à publier une bande dessinée. Dans l'album "Adieu Chaussette", on retrouve ce désir dans certaines planches de dessins qui ressemblent à des vignettes de bandes dessinées. Cet album aborde le thème du lien entre un animal et un enfant et de la séparation. Cet ouvrage est plein d'humour et de tendresse. Le texte et les images sont en adéquation et en harmonie.


    Mais mon coup de coeur va à "Une chanson d'ours".  Les personnages du Papa ours et de son petit sont vraiment craquants . L'histoire de cet album est une course poursuite qui s'engage entre Petit ours et son papa. Tout commence car Petit ours voit passer une abeille à la porte de sa tanière et il décide de la suivre dans l'espoir de manger du miel. Peu après, son père se rend compte de la disparition du petit alors il part sur ses traces et nous avec. Car l'intérêt de ce livre est qu'il se situe entre l'album et le livre-jeu. Benjamin Chaud a créé des illustrations avec une foultitude de détails, de personnages. Au début de l'histoire, nous sommes dans la forêt et nous cherchons avec Papa Ours son enfant. L'aventure se poursuit dans la ville puis dans l'opéra de Paris et se termine sur ses toits où une surprise attend Papa ours. Le texte se situe en bas de page.


    Et pour continuer l'aventure, on peut découvrir "Coquillages et Petit ours" qui démarre sur les toits de l'opéra où Papa ours avait décidé d'hiberner mais il commence à neiger et il faut donc trouver une autre tanière. Ils se retrouvent donc dans un magasin rempli de mini ours de toutes les couleurs. Mais au matin, Petit ours a encore disparu... Ce deuxième album est aussi bien que le premier, avec plein de surprises. 


    Benjamin Chaud est un auteur talentueux avec un univers bien à lui qu'il met aussi au service d'autres auteurs pour la jeunesse. J'espère que je vous ai donné envie de découvrir ces albums pleins de tendresse.

    Valérie

    vendredi 4 avril 2014

    Gustav Klimt : 2ième partie

    Retour sur l’œuvre de Gustav Klimt ! Nous en étions restés à ses œuvres de jeunesse, et là nous allons aborder la période dite de la Sécession.
    L’œuvre de transition qui marque ce changement se situe en 1895 et s’appelle l’Amour.

    Cette œuvre est déterminante pour la suite de la carrière de Klimt. On a un changement sensible dans l’esthétique : les personnages sont habillés comme des contemporains viennois du peintre. De plus il flotte dans l’air une ambiance plutôt inquiétante que l’on ne trouvait pas auparavant. Deux panneaux latéraux dorés encadrent un panneau central très sombre, ce qui produit un important contraste de luminosité sur la toile. Au-dessus de la tête des amants, on voit des visages, une enfant, une femme d’un jeune âge et une vieille femme. C’est l’apparition dans l’œuvre de Klimt d’un thème qui lui est cher : les trois âges de la femme, ainsi que le côté inquiétant de l’amour qui se rapproche toujours de la mort. On retrouvera ensuite également son goût prononcé pour le doré dans ses toiles.
    2) La Sécession : de 1897 à 1903
                En 1897 c’est l’apogée du malaise artistique à Vienne. 40 membres de la Kûnstlerhaus démissionnent et fondent la Sécession. Klimt en est désigné président. C’est un mouvement qui veut la liberté et la modernité dans l’art, et surtout son indépendance par rapport à la sphère économique. Il veut faire rayonner l’art viennois en franchissant les frontières et en menant la société viennoise à l’art européen. Les artistes de la Sécession souhaitent que l’art fasse adhérer l’Homme à une nouvelle conception de lui-même dans son environnement.
    Afin de réussir ces missions, la Sécession va mettre plusieurs actions en œuvre. Dès 1898, elle crée une revue : Ver Sacrum ("Printemps Sacré", en latin). Sa publication sera intense pendant près de 2 ans et relayera les idées de la Sécession. Le mouvement se dote d’un emblème physique : le palais d’exposition de Vienne. La première exposition de la Sécession a lieu en mars 1898. Gustav Klimt a créé l’affiche de cette exposition : Thésée tuant le Minotaure.

    Sous les yeux d’Athéna, déesse de la sagesse et des arts, on assiste à la scène de Thésée tuant le Minotaure. Les Viennois doivent y voir la libération des arts. Les fils se retournent contre les
    pères. La Sécession vainc l’Historicisme. Cependant Klimt utilise toujours les éléments mythologiques afin de rendre les messages et les idées de ce mouvement en marge du courant officiel. L’affiche représente une rupture dans les faits qui l’est moins dans le style.
    Cette exposition ouverte sur l’Europe a vu de nombreux visiteurs et remporté un grand succès.
    A partir de là naît le style Sécession et son adage : 
    « A chaque époque son art, à l’art sa liberté ».
    Le mouvement s’ouvre d'ailleurs au mécénat.
    Dès 1898 Gustav Klimt reçoit une commande afin de décorer le salon de musique d’un hôtel particulier. Pour cela il produit deux tableaux : La Musique II, à gauche de Schubert au piano.

    Schubert au piano
    Cette œuvre se situait à la droite de La Musique II. La scène représente le pianiste Schubert qui était un artiste apprécié des Viennois. On assiste ici à une scène conviviale où les invités écoutent une mélodie en toute quiétude.  On perçoit la modernité dans les inspirations de Klimt et dans sa touche. Les vêtements et la lumière qui émane de cette scène semblent inspirés de l’impressionnisme. Les conservateurs ont bien reçu cette œuvre représentant l’harmonie de la bonne société. Ils semblent davantage ouverts aux évolutions artistiques européennes qui font désormais sens chez les nouvelles générations viennoises.

    Lors de la deuxième exposition de la Sécession, Gustav Klimt  présente Pallas Athena.
    Athéna est représentée ici en femme fatale, sensuelle et rousse. Elle ne tient pas Niké (la déesse de la Victoire) dans sa main droite mais la Nuda Veritas (la Vérité Nue). Cette Vérité est représentée en chair et en os...et nue. La réception de l’œuvre est déroutante. Le caractère mythologique d’Athéna n’est plus aussi évident. Athéna est ici séduisante et menaçante. En même temps qu’érotique, elle est lointaine puisque non humaine.
    L’œuvre a été reçue par un gros malaise et une forte hostilité. La Nuda Veritas sera réutilisée plus tard par Gustav Klimt (Nuda Veritas, 1899).

           En 1894 Gustav Klimt s’est fait commander des allégories par le
    ministère de l’enseignement. Celles-ci devaient se situer sur les plafonds des halls de facultés viennoises. Il met en place ces allégories avec l’aide de Franz Matsch, dont on a déjà évoqué le nom. Il crée donc La Philosophie, La Médecine et La Jurisprudence.
     Ci-contre :  La médecine : 1907 (version définitive).
    A droite on observe les différents cycles / états de la vie, à travers des femmes et seulement deux hommes qui sont de dos. On voit des femmes enceintes, la maternité, l’innocence puis la vieillesse et la laideur. En bas au centre, la déesse de la guérison se tient droite face au spectateur. De ce fait elle est dos à la masse informe qui se tient en souffrance
    derrière elle. Elle porte un regard hiératique sur le spectateur. Elle semble vouloir exprimer sa toute puissance, le choix qu’elle a de sauver ou non les âmes et corps qui souffrent. Le plafond du hall de la faculté de médecine devait être décoré de cette représentation. Mais ici la santé tient à la volonté d’une puissance divine. Ça va à l’encontre des idées de la médecine qui est une science dure destinée à guérir les maux. Les commentateurs contemporains y ont vu la critique du positivisme bourgeois contre la nature. A partir de ce moment-là, le gouvernement ne soutiendra plus Gustav Klimt.
    Le soutien officiel n’est plus là et Klimt est attaqué de toutes parts. La Jurisprudence, quant à elle, est considérée comme une oeuvre trop complexe, et qui comporte trop d’allégories pour le public. Elle est vue comme un travail raide. Elle crée même la division dans le groupe de la Sécession. En 1904, l’œuvre est interdite à l’exposition universelle de Saint Louis.
    Face à ce refus, il décide de ne plus travailler avec l’Etat. Il répond clairement à ses détracteurs par un tableau en 1902 : Poissons rouges.

    Poissons rouges (1902).

    Poissons rouges n’est pas le titre initialement prévu pour cette œuvre.
    Sur les conseils de ses proches, il choisit ce titre à la place d’un titre plus explicite :
    A mes critiques. Le message reste clair. Des femmes provocantes sont peintes. La plus imposante se positionne dos au spectateur, au premier plan, nue, et le regarde avec un air malicieux.
    Après cela, un groupe d’idéalistes se réunit autour de lui. La faveur du public n’est plus si évidente. En 1903, une rétrospective de son œuvre est organisée. C’est une réussite mais elle n’est pas suffisante pour « redorer » le blason de Gustav Klimt aux yeux du grand public. Dès lors, il devient un peintre de cour pour la haute bourgeoisie. Il fait beaucoup de paysages et d’atmosphères sur un format carré.  
    Le groupe de la Sécession, quant à lui, se disloque après avoir pourtant réussi à gagner une place de choix. Les visions au sein du groupe sont divergentes. Les missions fixées ont été perdues de vue.
    En 1905, le groupe qui s’était formé autour de Gustav Klimt se retire de la Sécession et fonde L’alliance autrichienne des artistes. Il en deviendra le président.
    En 1904, juste avant ce bouleversement officiel, il réalise une œuvre d’envergure à l’occasion d’une exposition autour de Ludwig van Beethoven. Elle marque un tournant dans l’art de Gustav Klimt...
    Mais nous la verrons dans un prochain article !
    Bérengère.