jeudi 21 janvier 2016

La magie de Noël

La magie de Noël

Aujourd'hui, j'ai envie de vous parler de la magie de Noël avec les enfants fébriles qui choisissent et attendent le Père Noël. Noël est une période festive où on se réunit en famille autour d'un sapin et d'un bon repas. 

Mais savez-vous que la tradition du sapin vient d'Allemagne ? Cette tradition date du Moyen-Age où les Allemands dressaient cet arbre sur la place du village, symbole de vie. Petit à petit, ils se sont mis à le décorer de fruits, de bougies et de friandises. Puis des verriers découvrirent comment souffler des boules et des cloches de verre dans la région de Thuringe. Aujourd'hui, les Allemands continuent d'en acheter sur les marchés de Noël.
L'Allemagne a aussi inventé le calendrier de l'Avent qui commence le 1er décembre jusqu'au 25 décembre.
Noël se fête ainsi différemment selon les pays européens. En Suède, il commence le 13 décembre avec la fête de la lumière, jour de la Sainte-Lucie. Ce jour-là, la fille aînée de la maison s'habille avec une robe blanche avec une ceinture rouge et elle met une couronne avec sept bougies sur sa tête et sert aux membres de sa famille des petits gâteaux et du café. Le 24 décembre, les fenêtres sont décorées de petits luminaires qui brillent dans la nuit.


Au Danemark, toutes les portes de la capitale sont décorés de gui et égayées d'un carillon. Le soir du réveillon, ils mangent une oie aux choux rouges et du riz au lait où est caché une amande. L'enfant qui la trouve aura un cadeau supplémentaire. 
J'aimerais un jour aller en Finlande pour voir le Père Noël, en Laponie à Korvatunturi exactement. Ils reçoient des milliers de lettres dans sa cabane au fond des bois enneigés.


Pourtant, le Père Noël que nous connaissons tous vient des Etats-Unis où il s'appelle Santa Claus. Il a été d'abord créé par un pasteur Clement Clark Moore de l'Etat de New York en 1822, pour ses enfants. Le Père Noël était au début un minuscule lutin, joufflu et dodu qui descendait du ciel sur son traïneau tiré par huit rennes et apportait des cadeaux par la cheminée. Puis il a été transformé en homme un peu rond, avec une longue barbe par la marque Coca-Cola et habillé de rouge.

Vous accrochez peut-être une grande chaussette à votre cheminée. Cette tradition nous vient du Royaume-Uni. Le Père Noël y dépose les cadeaux pour les enfants anglais. Ils mangent du Christmas pudding, un gâteau qui demande des semaines de préparation : chacun son tour, chaque membre de la famille mélange la pâte en faisant un voeu. Une autre tradition est l'ouverture des crakers


En France, nous avons beaucoup de traditions : le sapin de Noël et les cadeaux distribués par le Père Noël, les décorations lumineuses dans les maisons et dans les rues, les marchés de Noël, et le repas avec la dinde et la bûche de Noël
Ce sont tous ces éléments qui font pour moi la magie de Noël. Je vous souhaite à tous de joyeuses fêtes et
JOYEUX NOEL
Valérie

mardi 8 décembre 2015

Le violoncelle

Le violoncelle

Idée reçue n° 1 : le violoncelle est un instrument ringard.

Faux ! Bon, okay, je vous ai trouvé une vidéo qui ne vend pas beaucoup de rêve. Mais!
Vidéo : On peut faire plein de choses avec un violoncelle. Bon d’accord, ça a un rapport avec la musique, mais pas que la musique classique !
Je vais d’abord vous conter l’histoire de ce bout de bois un peu particulier.
Le violoncelle apparaît à la fin du XVI° siècle, peu après le violon. C’est dans la ville de Crémone, en Italie, que la famille des cordes frottées prend une ampleur incroyable, notamment avec un monsieur pas du tout connu, Stradivari (1644-1737).
Mais rien n’est fait pour le violoncelle ! Il est en grande concurrence avec la basse de viole de gambe. Certains compositeurs n’apprécient pas le violoncelle et continuent de composer uniquement pour la basse de viole. Mais à la fin du XVIII° siècle le violoncelle supplante sa concurrente, notamment grâce au succès des suites pour violoncelle seul de Jean-Sébastien Bach.
Au début, en tant que remplaçant de la viole de gambe, on attribue au violoncelle le rôle d’accompagnement, la « basse continue ». Puis d’autres compositeurs s’intéressent à ses qualités mélodiques. Vivaldi (1678-1741) lui écrit 27 concertos et 11 sonates. Ou encore Boccherini (1734-1805) lui écrit des concertos pour violoncelle.
C’est la période romantique (XIX° siècle) qui va consacrer le violoncelle : Brahms, Schumann, Lalo, Saint-Saëns, Dvorak, Offenbach, Beethoven, ou encore Mendelssohn ont écrit de magnifiques morceaux pour violoncelle.
Au XX° siècle, les compositeurs continuent d’adorer le violoncelle. Je vous invite à écouter L’élégie de Gabriel Fauré, c’est un  morceau qui vous prend aux tripes ! lien Youtube : 


Un des musiciens emblématiques du violoncelle est sans doute Mstislav Rostropovitch. Il en est l’un des plus grands virtuoses. Regardez-le jouer devant le mur de Berlin en train de tomber… 



Maurice Maréchal (1892-1964) est un grand violoncelliste du XX° siècle, également. Je veux vous en parler pour une anecdote : il a fait la guerre des tranchées, et deux de ses camarades, menuisiers, lui fabriquent un violoncelle rudimentaire avec une boîte de munitions ! L’instrument a été surnommé « le Poilu », forcément.

Bref ! On peut jouer tout ce qu’on veut avec un violoncelle ! Regardez !!


Cello wars : 2cellos : Apocalyptica :



Voilà ! On peut être un violoncelliste tout sage ou alors un gros fan de métal, dans tous les cas ça sonne mortel !
Allez, je vous laisse, mon violoncelle m’attend !
Bérengère

vendredi 30 octobre 2015

Voyage au pays de Léonard de Vinci : Le Clos Lucé

Léonard de Vinci a terminé sa vie à 67 ans au Château du Clos Lucé à Amboise. Il avait traversé les Alpes à dos de mulet où, dans ses bagages, il avait emporté trois tableaux : la JocondeSaint Jean-Baptiste, Sainte Anne la Vierge et l’enfant. Il vécut trois ans dans ce lieu qui se visite aujourd'hui. 
Mais avant, Léonard de Vinci a eu plusieurs vies. Tout d'abord, il a fait son apprentissage avec son père à Florence dans l'atelier polytechnique d'un artiste italien réputé : Andrea del Verrochio.
Puis à 26 ans, il va à Milan se mettre au service de Ludovic Sforza où il occupera plusieurs activités : peintre, sculpteur, ordonnateur de spectacles et ingénieur. 
Léonard de Vinci était  un homme qui avait plusieurs cordes à son arc. Même quand il réalisait des travaux hydrauliques pour une ville ou des défenses contre des ennemis, la peinture était présente dans son quotidien. Il a ainsi commencé à réaliser le portrait de Mona Lisa en 1503 qui deviendra un des tableaux les plus vus au musée du Louvre tout en poursuivant son métier d'ingénieur.
A partir de 1506, il se passionnera pour les sciences : il dessinera une grande quantité d'animaux, d'hommes, de machines... A ce moment-là, il se trouvait à Milan près du gouverneur, Charles d'Amboise.
En 1513, il arrivera au service des Médicis, où il restera trois ans. Il sera en concurrence avec les peintres Raphaël et Michaël-Ange.
Après cette vie riche, il atterrit donc au château du Clos Lucé sur l'invitation de François Ier où il continuera à travailler jusqu'au bout.

 
Le Clos Lucé est un lieu qui se visite autant à l'intérieur qu'à l'extérieur. A l'intérieur, on découvre sa chambre, sa cuisine et au rez-de-chaussée des maquettes comme le pont tournant qui sont exposées avec des vidéos montrant le montage de l'objet. 



A l'extérieur, nous pouvons manipuler les inventions de Léonard de Vinci comme l'hélicoptère, le char d'assaut, le bateau à aubes...




Ce lieu est intéressant, ludique autant pour les adultes que pour les enfants. Au guichet, les enfants reçoivent un fascicule avec des questions et des jeux. Ils doivent trouver les réponses tout au long de la visite.
Et puis Amboise est une jolie ville à découvrir aussi.
Bonne visite.
Valérie

vendredi 2 octobre 2015

Connaissez-vous le bookcrossing


Cette nouvelle mode a déjà des milliers d’adeptes aux Etats-Unis, mais aussi en France.
Partant du principe que la lecture et la culture sont faites pour être partagées, les gens se sont mis à abandonner des livres un peu partout.  Dans les gares, les salles d'attentes, sur des bancs publics...
Ainsi celui qui passe par là peut le lire, l'emporter chez lui et une fois l'histoire terminée, déposer le livre dans un endroit de son choix afin qu'une autre personne puisse en profiter à son tour.

Un site a même été créé afin de suivre le périple des livres ainsi partagés.



Pour cela il suffit d’enregistrer le livre, qui reçoit un identifiant. Ensuite on imprime l’étiquette que l'on  colle dans le livre, et le voici prêt pour son grand voyage !

Il suffit maintenant de « l’abandonner » dans un lieu de passage. La personne qui le récupérera n’aura plus qu’à entrer l’identifiant sur le site pour voir le voyage effectué par le livre ainsi que les commentaires laissés par tous les lecteurs.

Dans certaines villes il y a des  « boîtes à livres » devant les Gares, les Mairies, dans les jardins publics... . Où  chacun peut déposer ou prendre des livres.
        
Des particuliers ont aussi des initiatives sympathiques :  Des boîtes remplies de livres déposées devant la porte du domicile avec un mot "adoptez-moi",
Ou la Malibook de ce coiffeur spécialisé dans les dreadlocks, qui pour occuper ses clients pendant les longues heures de fabrication des dreadslock, leur propose des livres. Les clients repartent parfois avec le livre commencé, ou laissent celui qu'ils avaient apporté pour s'occuper. 


Dans le même esprit de partage, nous mettons à disposition de nos lecteurs des caisses contenant les livres ou cd que nous enlevons régulièrement de nos collections (pilon) pour faire de la place aux nouveautés tant attendues.
N’hésitez pas à venir vous servir,
c’est toujours un plaisir de voir partir nos livres vers de nouvelles aventures !
Sandrine

jeudi 17 septembre 2015

L'Exposition Universelle de Milan : Nourrir la planète, énergie pour la vie.



Pourquoi les Expositions Universelles ont-elles été créées ?
Elles ont été créées pour mettre en valeur les évolutions industrielles et artistiques des nations. Ainsi la première s'est déroulée à Londres en 1851. Joseph Paxton, architecte et paysagiste a proposé à cette occasion un palais d'exposition fait de verre et de fer. On était en pleine révolution industrielle. 
Cette première exposition obtint un large succès et les autres nations proposèrent d'organiser à tour de rôle d'autres expositions pour faire connaître au grand public la création industrielle et dans une moindre mesure les arts appliqués et les beaux-arts. 
En 1889, Paris organise pour la cinquième fois l'Exposition Universelle dont le thème est la Révolution française avec la création de la Tour Eiffel qui devait être temporaire et détruite à la fin de l'évènement.
Cet évènement n'a pas une périodicité régulière comme les jeux olympiques. Après Milan, elle se déroulera en 2020 aux Emirats arabes unis. Entre temps, une exposition spécialisée aura lieu au Kazakhstan autour des énergies renouvelables. 
Milan accueille ainsi pendant six mois 145 pays autour du thème "Nourrir la planète, énergie pour la vie". Ce thème concerne l'alimentation, la sous-alimentation, la nutrition et les OGM. Et le but a évolué au fil du temps, aujourd'hui, cet évènement n'est pas seulement une vitrine industrielle mais aussi un vecteur d'échanges entre les nations autour de leurs évolutions culturelles, de croissance, de technologies. 
Le pavillon français propose une exposition avec comme angle " Produire et nourrir autrement". L'exposition française  se décline autour de quatre piliers : l'autosuffisance alimentaire mondiale, l'amélioration de l'autosuffisance alimentaire pour les pays en développement, produire plus et mieux et la qualité de la nourriture. 
Sur une surface de 3592 mètres carrès, le pavillon est construit entièrement en bois et son concept est inspiré de nos marchés couverts. Les architectes ont souhaité lui donner une forme hexagonale déformée par des mouvements tectoniques. Le bâtiment rassemble les diversités culinaires de la France mais aussi géographiques et met en valeur les spécificités agricoles du territoire. 
Ce batiment est écologique et réutilisable pour d'autres occasions. Pour approfondir le sujet autour de l'architecture, le documentaire de Sophie Flouquet sur "L'architecture contemporaine" est une mine d'informations. "Les grandes constructions" de Pierre Kohler apporte un autre éclairage sur l'architecture dans le monde et dans le temps.
Sur le sujet de l'alimentation, deux guides peuvent nous aider à mieux comprendre les enjeux posés par l'Exposition Universelle de Milan : "Manger tous et bien" et "Nourrir l'humanité", tous deux écrits par Bruno Parmentier.
Bon appétit et bon voyage.
Valérie

mercredi 19 août 2015

Dans la famille des femmes écrivains au Japon, je demande « la francophone » : Aki Shimazaki (3/3)

Dans la famille des femmes écrivains au Japon,
je demande « la francophone » :
Aki Shimazaki (3/3)


Je termine ici la série entamée par notre très chère Maud sur les femmes écrivains au Japon ! Après Banana Yoshimoto et Yôko Ogawa, je voulais vous parler d’une femme très spéciale, qui m’a totalement séduite par son écriture et son univers.
Née au Japon en 1954, elle part en 1981 au Canada, puis à Montréal, au Québec en 1991. C’est la plus francophone des Japonaises ! En effet, les livres que je vais vous présenter ont été directement écrits par l’auteur…en français. Et c’est sublime !
Durant sa jeunesse, elle développe une passion peu commune pour la littérature, pendant qu’elle travaille comme éducatrice de jeunes enfants dans une école maternelle. Aujourd’hui, elle vit toujours à Montréal où elle exerce ses talents d’écriture tout en donnant des cours de japonais.
Son œuvre a été couronnée de nombreux trophées :
Tsubaki (1999) : finaliste du Prix Littéraire de la Ville de Montréal 1999 et du Grand Prix des lectrices Elle Québec 2000.
Hamaguri (2000) : prix Ringuet 2001, finaliste pour le Prix des Cinq Continents de la Francophonie 2001.

Hotaru (2004) : Prix du Gouverneur-Général en 2005, le Prix Canada-Japon pour Wasurenagusa en 2004.
A la bibliothèque, nous avons une pentalogie, la première de l’auteur, intitulée « Le poids des secrets », avec dans l’ordre : Tsubaki (1999), Hamaguri (2000), Tsubame (2007), Wasurenagusa (2008) et Hotaru (2009). Chaque titre est en fait un nom commun japonais qui sert de fil rouge à tout le récit. Aki Shimazaki excelle dans la forme brève, on oscille entre la nouvelle et le roman.
Tsubaki (= « camélia »). Yukiko a survécu à la bombe atomique tombée sur Nagasaki. Son père en est mort sur le coup, sa mère quelques années plus tard à cause des radiations. Yukiko vient de décéder, à un âge avancé, et la narratrice, sa fille Namiko, doit s’occuper des obsèques. Mais sa mère lui a laissé deux lettres, une pour elle et une autre pour un certain Yukio, le demi-frère de Yukiko ! Namiko n’avait jamais entendu parler de cet homme ! Mais Namiko n’est pas au bout de ses surprises (et le lecteur non plus) car sa mère portait en elle de nombreux et lourds secrets…
Hamaguri (= « palourde japonaise »). Nous voilà dans la tête de Yukio, vous savez, le fameux demi-frère dont on nous parle dans le tome 1 ! On découvre son point de vue et sa vie depuis son enfance, quand sa mère Mariko et lui s’installèrent dans une église-orphelinat. On voit comme il a souffert d’être né sans père et de voir sa mère triste. Puis un jour, un homme, Kenji Takahashi, a demandé sa mère en mariage, et là leur vie a été beaucoup plus heureuse. Mais comme pour les personnages du tome, les secrets de chacun sont bien lourds à porter.
Tsubame (= « hirondelle »). C’est au tour de Mariko, la mère de Yukio, de passer sous  la plume d’Aki Shimazaki. L’auteur en profite pour nous faire découvrir également une page sombre de l’histoire du Japon. Mariko n’est pas née au Japon, c’est une Coréenne qui s’est installée là-bas avec sa mère, où elles vivent dans la pauvreté. En 1923, le quartier de Kanto a été dévasté par un séisme causant des centaines de milliers de morts. Les Japonais ont alors accusé les Coréens d’empoisonner l’eau des puits et de piller les richesses des pays. Alors ils ont commencé à les exécuter, hommes, femmes et enfants. La mère de Mariko a voulu la protéger en lui donnant un nom japonais et en la confiant dans une église-orphelinat (la même que dans le tome 2), où elle devait garder le silence pour ne pas dévoiler son accent étranger. Maintenant à la fin de sa vie, Mariko revient sur son passé et sur les secrets qui entourent sa naissance.
Wasurenagusa (= « myosotis »). Quelle vie toute tracée pour Kenji Takahashi ! Fils unique et héritier d’une famille noble, riche et ancestrale de Tokyo, on lui trouve une jolie jeune femme à épouser, d’un bon parti. Mais aucune grossesse ne vient. La pression familiale est très forte et force Kenji à divorcer, sous prétexte que c’est l’épouse qui est stérile. Mais plus tard, il apprend que son ex-femme est remariée et qu’elle a eu un fils. Alors c’est lui qui est stérile, finalement ! Son monde s’écroule, comment perpétuer le sang familial dans ces conditions ? Heureusement, Sono, sa nourrice, est toujours là pour le réconforter et lui souffler de sages conseils. Il s’abrutit au travail, mais un jour propose son aide bénévole dans une église-orphelinat (toujours la même !), et tombe follement amoureux de Mariko ! Il l’épouse et adopte son fils, contre l’avis de ses parents. Ils mènent une vie calme et heureuse, mais dans sa tête trotte toujours le souvenir de Sono. Lui aussi va se pencher sur les secrets qui entourent sa famille et son origine.
Hotaru (= « luciole »). On passe dans l’esprit d’une jeune étudiante, fille de Yukio et petite-fille de Mariko (vous me suivez ?), qui s’appelle Tsubaki (comme le titre du tome 1, « camélia »). Ainsi la boucle de la pentalogie est bouclée ! La santé de Mariko, vieille dame maintenant, se dégrade de plus en plus. Elle a 84 ans et décide de raconter ce qui lui pèse sur le cœur depuis tant d’années. Elle va lui raconter à quel point sa beauté et sa naïveté lui ont fait du tort, elle va lui raconter « l’histoire d’une luciole tombée dans l’eau sucrée »…
Ces textes, très courts, sont construits à la fois séparément et conjointement aux autres. C’est très spectaculaire, surtout quand on lit les 5 d’affilée. Toutes les informations se croisent, tous les secrets sont plus bouleversants les uns que les autres, les dialogues se répondent à la virgule près…Aki Shimazaki a fait un travail de dentellière, tout est ciselé à la perfection, il n’y a pas un mot en trop.

Les thèmes qu’elle aborde sont divers mais très profonds : le temps qui passe, le destin, l’amour, les signes, la beauté de la nature, l’histoire et surtout les périodes sombres du Japon.
Vous l’aurez compris, j’ai a-do-ré ! Je vous recommande très chaudement la lecture de ces petits ouvrages !
A bientôt !
Bérengère

vendredi 24 juillet 2015

Laurent Gaudé

Né le 6 juillet 1972, est un auteur très beau gos…euh je veux dire très talentueux ! Ne vous méprenez pas sur mes intentions. Cet article est uniquement destiné à vous prouver sa grande qualité littéraire. Si si, j’vous jure.
Mais cela ne m’empêche pas de vous montrer une photo, ça ne mange pas de pain, n’est-ce pas ?



C’est un auteur fidèle à la maison d’édition Actes Sud, que l’on aime beaucoup aussi à la bibliothèque !



J’ai découvert son œuvre complètement par hasard, avec La Mort du Roi Tsongor. J’avais reçu ce livre comme cadeau d’anniversaire, et je me disais que je pouvais le lire en allant à la fac, dans le tramway bordelais, pour faire passer le temps. Or, j’ai raté mon arrêt ! Je me souviens de ce moment terrible où je ne pouvais plus décoller mon nez du texte. Il est tout simplement magnifique (le texte, hein, pas Laurent…quoique). Cette histoire raconte comment un roi essaie de se sacrifier pour éviter une guerre qui aura tout de même lieu. Etant une fanatique absolue de l’Iliade, j’y ai tout de suite reconnu les éléments narratif et stylistique de l’œuvre épique d’Homère. Deux hommes se disputent une femme, Samilia, la fille du roi Tsongor. Tandis qu’elle s’échappe, son père se suicide, pensant que sa mort stoppera la guerre imminente. On suit le vieux serviteur du roi, qui veille sur sa dépouille et lui parle.
C’est un texte extrêmement émouvant, qui met en parallèle différents personnages, de tous les camps, de tous les niveaux sociaux et on entre vraiment dans leurs pensées et leurs sentiments. Comme dans Homère, le lecteur est amené à voir à quel point la guerre est une absurdité et à quel point l’homme peut se montrer égoïste : les 2 prétendants qui sacrifient des milliers de guerriers pour leur petit profit ; la belle Samilia qui fuit parce qu’elle ne veut pas choisir ; le roi qui se suicide en croyant que le monde tourne autour de lui. Bref, ce texte a obtenu le Prix Goncourt des Lycéens en 2002, puis le Prix des libraires en 2003, et c’est tout à fait normal !

Et depuis, il en a fait d’autres, tout aussi géniaux !
Je voudrais citer en particulier La Porte des Enfers, sorti en 2009.



« Au lendemain d’une fusillade à Naples, Matteo voit s’effondrer toute raison d’être. Son petit garçon est mort. Sa femme, Giuliana, disparaît. Lui-même s’enfonce dans la solitude et, nuit après nuit, à bord de son taxi vide, parcourt sans raison les rues de la ville. Mais, un soir, il laisse monter en voiture une cliente étrange qui, pour paiement de sa course, lui offre à boire dans un minuscule café. Matteo y fera la connaissance du patron, Garibaldo, de l’impénitent curé don Mazerotti, et surtout du professeur Provolone, personnage haut en couleur, aussi érudit que sulfureux, qui tient d’étranges discours sur la réalité des Enfers. Et qui prétend qu’on peut y descendre… Ceux qui meurent emmènent dans l’Au-Delà un peu de notre vie, et nous désespérons de la recouvrer, tant pour eux-mêmes que pour apaiser notre douleur. » (source : site de l’auteur) Et voilà ce père au bord du gouffre qui voit renaître un but dans sa vie : récupérer son fils aux Enfers et le ramener chez les vivants.
Ce texte est tout simplement reversant ! Laurent Gaudé parvient à réutiliser tous les codes de la mythologie pour insuffler à son récit une dimension épique et cruciale dans la vie de cet homme complètement désemparé. A lire encore et encore !

Pour finir, je vais vous parler d’un livre très court, Cris, sorti en 2001. C’est son premier roman.

 
« Ils se nomment Marius, Boris, Ripoll, Rénier, Barboni ou M’Bossolo. Dans les tranchées où ils se terrent, dans les boyaux d’où ils s’élancent selon le flux et le reflux des assauts, ils partagent l’insoutenable fraternité de la guerre de 1914. Loin devant eux, un gazé agonise. Plus loin encore retentit l’horrible cri de ce soldat fou qu’ils imaginent perdu entre les deux lignes du front : « l’homme-cochon ». A l’arrière, Jules, le permissionnaire, s’éloigne vers la vie normale, mais les voix des compagnons d’armes le poursuivent avec acharnement. Elles s’élèvent comme un chant, comme un mémorial de douleur et de tragique solidarité, prenant en charge collectivement une narration incantatoire, qui nous plonge, nous aussi, dans l’immédiate instantanéité des combats, avec une densité sonore et une véracité saisissantes. » (source : site de l’auteur)
Les images de la guerre des tranchées sont tout simplement inoubliables. Le ton est à la fois dur et tendre, les personnages ne sont que des enfants à qui on a donné un fusil et des ordres absurdes. On change totalement de registre par rapport aux deux précédents, mais peut-être pas, parce que dans La Mort du Roi Tsongor, on trouve également cette vacuité de la guerre.
C’est un de mes coups de cœur absolus, vous l’aurez deviné.
Vous pouvez lire bien d’autres romans de Laurent Gaudé, nous en avons quelques uns, et ils sont tous d’une qualité remarquable !


A bientôt !
Bérengère

mercredi 8 juillet 2015

Les "Journées Découvrir l'Antiquité"


Bonjour à tous !

L'année scolaire s'achève et déjà le profil de la prochaine se dessine. Certains se concertent dès à présent pour la préparer. C'est le cas de l'association Journées Découvrir l'Antiquité. Elle a été fondée en 2011 par d'anciens élèves de l'Ecole Normale Supérieure avec pour objectif de donner accès au monde antique de manière ludique. Des journées à thème sont alors organisées au 45 rue d'Ulm à Paris à destination des classes de collège et lycée .



Certaines classes sont constituées d'élèves hellénistes ou latinistes et viennent dans le cadre de leur option. Les classes intégrant la journée au sein d'un projet pédagogique sont favorisées lors de la sélection. Ces journées permettent aux élèves d'appréhender l'antiquité dans un domaine approfondi. L'accent est mit sur l'appréciation de la journée par les élèves. Il ne s'agit pas d'aller suivre des cours en dehors de leur établissement mais de se plonger à la découverte d'un sujet sous des angles d'approche différents: une recherche active et l'expérimentation lors d'une journée dédiée à un thème.



Ce sont les étudiants de master de l'ENS qui tiennent les ateliers du matin divisés en plusieurs catégories. Les intervenants prennent en charge les élèves et échangent avec eux sur un sujet. C'est aussi l'occasion de poser des questions sur l'orientation et la formation des élèves de master qui leur expliquent leurs choix et leurs motivations. L'après-midi est réservé à une grande activité suivie d'une conférence tenue par un professeur spécialement invité. Lors de l'activité les élèves divisés en petits groupes sont guidés par un intervenant de la matinée.


Ainsi l'ENS a déjà accueilli des journées sur la tragédie, la comédie, Grèce et Orient, Orphée, la vie quotidienne, la mer, et Religion et société. Depuis l'année dernière les élèves de master de l'Observatoire de Paris participent à l'une de ces journées et se joignent aus élèves de l'ENS. En 2014 il s'agissait des sciences dans l'antiquité. Cette année les étudiants se sont penchés sur les représentations du ciel. Les classes de troisièmes et de terminales présentent ont pu aborder des thèmes tels que la mythologie et les constellations ou encore les éclipses. Ils ont lu des textes anciens, notamment en grec pour les héllénistes. Ils ont utilisé des maquettes pour comprendre le fonctionnement des ellipses.Une fois l'activité finie, pendant le temps restant les étudiants de l'ENS ont pu se tranformer en conteurs de mythes à la demande des élèves, et les étudiants de l'Observatoire de Paris ont dévoilé une part des mystères du cosmos. Les élèves ont aussi pu apprendre à utiliser un astrolabe tout en revivant les aventures de Jason et les Argonautes !



Vous pouvez toujours, bien entendu, aller jeter un coup d'oeil sur les étagères de la bibliothèque pour en savoir plus sur cette période fascinante ! Voici certains livres pour tous les goûts (que ce soit pour mieux connaître l'antiquité ou s'en amuser) que vous pourrez croiser au détour d'un rayon:


Bonne lecture !
Marie

vendredi 19 juin 2015

Un conte randonnée : le P'tit Bonhomme des bois

Le P'tit Bonhomme des bois est un conte dit de randonnée mais qu'est-ce qu'un conte de randonnée ? C'est un conte avec beaucoup de rythme et avec une succession de personnages ou d'événements qui se répètent jusqu'au dénouement final. 
C'est un conte court qui est souvent adressé aux enfants de maternelle. Son rythme permet presque de le chanter comme une comptine. Il permet aussi de compter les animaux, les personnages qui se suivent, s'attachent.
Le conte randonnée prend racine dans le mot d'origine latine "computare" qui signifie compter donc énumérer des faits, des évènements. 
J'adore ce genre de contes car il permet aux enfants de participer en aidant le conteur dans son récit. En plus, je trouve que ces contes sont assez humoristiques et notamment "le P'tit Bonhomme des bois" où on suit le chemin d'un petit garçon dans la forêt. Au fur et à mesure du récit, des animaux vont être amenés à le suivre en toute discrétion évidemment. 
La version de Pierre Delye illustrée par Martine Bourre est une réussite autant du point de vue du texte que des images.




Ce texte a été adapté en spectacle que je trouve très réussi par la compagnie Anatole.
  





Mais il a été aussi créé en raconte-tapis qui est un tapis en trois dimensions c'est-à-dire en volume. La bibliothèque a la chance d'en emprunter à la bibliothèque départementale et cette histoire sera dans nos murs en octobre 2015.

Il existe une ribambelle de contes randonnées, je vous conseille d'en découvrir quelques uns que nous avons à la bibliothèque.  




Bonne lecture
Valérie

vendredi 29 mai 2015

B.B. KING - THE LIFE OF RILEY

BB King nous a quittés le 14 mai 2015. Pour l’occasion, ARTE a diffusé un magnifique reportage sur B B King, ou le Roi du Blues revient sur sa carrière.
Il nous raconte avec beaucoup d’émotion son enfance et sa jeunesse dans les champs  de coton. Comment sa musique a été influencée par le Gospel et la culture ségrégationniste du Mississippi des années  50. On retrouve dans sa musique des influences de tous les grands noms du blues qu'il a su se réapproprier avec beaucoup de talent.
C’est un reportage très complet sur la vie de B B King, mais aussi sur l’évolution du blues et la vie des noirs américains au Mississippi dans les années 1950.
C’est un très bel hommage à ce grand nom du Blues.




Et pour ceux qui en voudront plus, disponibles à la bibliothèque