mercredi 4 décembre 2013

Rencontre avec Marie-Hélène LAFON Le 9 novembre 2013, à 17h, en salle des mariages.

 
         Toute de violet vêtue, Marie-Hélène Lafon a fait une entrée remarquée dans la salle des mariages. Les 35 personnes qui l’attendaient l’accueillirent avec bonheur. Cet auteur est une habituée de l’exercice : elle peut se prévaloir d’avoir publié 12 ouvrages, dont beaucoup ont reçu de belles récompenses, notamment le Prix Renaudot des lycéens pour Le Soir du Chien en 2001. Elle est aussi régulièrement invitée sur des plateaux de télévision, et à la radio, pour évoquer son œuvre qui s’étoffe d’ouvrage en ouvrage.
         Cette rencontre était placée sous le signe du Salon du livre des Essarts-le-Roi, avec lequel la bibliothèque est en partenariat cette année.
         Une fois tout le monde installé, l’entretien a commencé directement dans le vif du sujet. Les éléments autobiographiques qui foisonnent dans tous ses ouvrages ont été le point de départ de la découverte de cet auteur de qualité, professeur de lettres classiques à Paris. L’entretien s’est très vite transformé en conversation, comme à la maison, où les lecteurs sont devenus acteurs et ont posé de nombreuses et pertinentes questions.
Elle a mis l’accent sur le fait qu’elle ne fait pas d’autobiographie, elle utilise simplement tout ce qui se passe autour d’elle pour le retranscrire en fiction. D’après ses mots, la réalité est bien plus riche et extraordinaire que l’imagination. Elle n’invente rien, elle transforme la réalité, elle se sert de son sens aigu de l’observation.
Elle a également avoué passer des mois entiers à retravailler ses textes, dans un souci du « mot juste », de la formule. Elle a cette « obsession » en elle de la langue française qui se traduit très bien dans ses textes. Son style est tout à fait particulier, opaque de prime abord, mais d’une richesse et d’une poésie inouïes dès que l’on se laisse emporter par la musique de son écriture.
Elle est par ailleurs très attachée à ses racines, le Cantal, Aurillac et le monde paysan qu’elle a connu de près. Les thèmes de l’héritage, de la famille et de l’avenir du monde paysan sont extrêmement présents dans son travail. Elle écrit pour retranscrire ce monde avec le plus d’exactitude possible, sans aucune complaisance : la rudesse, le silence et la solitude de ses personnages traduisent en effet une réalité qui tranche avec la vision idyllique que le lecteur pourrait avoir de la campagne avec de jolies vaches dans les prés.
Pendant une heure et demie, les questions se sont enchaînées, d’idées en idées, parsemées d’extraits choisis, lus par elle-même. Le temps est passé si vite ! Les échanges se sont poursuivis autour d’un verre et de petits fours, lors d’une séance de dédicaces.
Bérengère